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Comment rédiger un contrat : l'écrire, le signer, garder la preuve

Comment rédiger un contrat étape par étape : les conditions de validité de l'article 1128, quand un écrit est exigé, les clauses à prévoir et la signature.

Comment rédiger un contrat : une dirigeante relit la dernière page du contrat imprimé à son bureau avant de signer

Comment rédiger un contrat : la réponse courte

Pour rédiger un contrat, il faut des parties qui s'accordent sur les mêmes termes, qui ont la capacité de s'engager, et un contenu licite et certain. C'est le socle de l'article 1128 du Code civil. Il reste à écrire ces termes assez clairement pour qu'un inconnu puisse les faire respecter. Tout le reste est du détail, et c'est dans le détail que les accords se défont.

Ceux qui se demandent comment rédiger un contrat ont le plus souvent une prestation de services, une vente ou une mission freelance devant eux. Ce guide suit l'ordre du travail : les conditions de validité, huit étapes de rédaction, les clauses, la signature, puis la vie du contrat. Pas envie d'une page blanche ? La bibliothèque de modèles de Chaindoc propose des contrats de prestation de services, de confidentialité (NDA), de travail, de fournisseur, de développement web et de bail, que vous modifiez dans le navigateur.

Conditions de validité d'un contrat

Un contrat est un accord de volontés destiné à créer, modifier, transmettre ou éteindre des obligations (art. 1101 du Code civil). Pour qu'il soit valable, l'article 1128 exige le consentement des parties, leur capacité de contracter et un contenu licite et certain. En pratique, cela donne cinq vérifications :

  • Une offre (art. 1113 et 1114). L'une des parties propose des termes précis : quoi, combien, pour quand. « Je refais votre site pour 4 000 €, livraison le 1er mars » est une offre. « On pourrait travailler ensemble sur le site » n'en est pas une, c'est une invitation à négocier.
  • Une acceptation. L'autre partie accepte les termes de l'offre tels quels (art. 1118). Si vous changez le prix en répondant, vous n'acceptez rien : une acceptation non conforme est une offre nouvelle.
  • La capacité. Toute personne physique peut contracter, sauf incapacité prévue par la loi, et la capacité d'une personne morale est limitée par ses règles propres (art. 1145). Pour une société, le signataire doit avoir le pouvoir de l'engager.
  • Un consentement libre : l'erreur, le dol et la violence le vicient dès lors que, sans eux, l'une des parties n'aurait pas contracté ou l'aurait fait à des conditions substantiellement différentes (art. 1130).
  • Un contenu licite et certain. Le contrat ne peut pas déroger à l'ordre public (art. 1162), et la prestation doit être possible et déterminée ou déterminable (art. 1163).

Deux remarques pour qui vient des modèles anglo-saxons. Le droit français n'exige pas de « contrepartie » (consideration), et depuis la réforme de 2016 la « cause » ne figure plus parmi les conditions de l'article 1128. Un contrat où une seule partie s'engage peut donc être valable, la donation étant protégée par la forme notariée (art. 931). Il faut en revanche que l'offre exprime la volonté de son auteur d'être lié, faute de quoi il n'y a qu'une invitation à négocier (art. 1114). « Je te vendrais bien ma voiture pour dix euros », dit au dîner, a un prix et un objet et ne lie personne.

Ce que beaucoup de guides oublient : aucune de ces vérifications n'exige du papier. Une poignée de main peut tout remplir. L'écrit sert la preuve, et dans quelques cas la loi en fait une condition de validité.

Vous hésitez entre un simple échange de vues et un vrai contrat ? Notre article sur quand une lettre d'intention engage passe en revue lettre d'intention, protocole d'accord et brouillons « sous réserve ».

Un contrat doit-il être écrit ?

Le plus souvent, non. Les contrats sont par principe consensuels (art. 1172, al. 1) : l'accord suffit, et un contrat oral qui remplit les conditions est un contrat. La loi prévoit des exceptions de deux sortes, qu'il ne faut pas confondre.

Les contrats solennels d'abord. Leur validité dépend d'une forme fixée par la loi, faute de quoi ils sont nuls, sauf régularisation possible (art. 1172, al. 2). Le contrat de mariage et la donation en sont les cas classiques.

L'écrit exigé pour la preuve, ensuite, est tout autre chose. Au-delà d'un montant fixé par décret, un acte juridique doit être prouvé par écrit sous signature privée ou authentique (art. 1359). Le décret n° 80-533 du 15 juillet 1980 fixe ce seuil à 1 500 €. Passé ce montant, un contrat oral reste valable, mais vous ne pourrez pas le prouver par témoins. Entre commerçants, la preuve des actes de commerce est libre (art. L110-3 du Code de commerce). C'est une règle de preuve, pas de validité.

Quand la loi exige un écrit pour la validité, il peut être établi et conservé sous forme électronique dans les conditions des articles 1366 et 1367 (art. 1174, al. 1). Cette faculté ne joue pas pour les actes sous signature privée relatifs au droit de la famille et des successions (art. 1175).

Reste le problème que la loi ne résout pas : un contrat oral que vous ne pouvez pas prouver vaut à peu près autant qu'un contrat que vous n'avez jamais conclu.

Contrats pour lesquels le droit français exige une forme ou un écrit

Type d'opérationCe que la règle exigeOù elle figure

Vente d'un immeuble

Accord des parties sur la chose et le prix ; l'acte notarié est indispensable pour la publicité foncière

Art. 1583 du Code civil

Contrat de mariage

Acte devant notaire, en présence simultanée de toutes les parties

Art. 1394 du Code civil

Donation entre vifs

Acte devant notaire, dont la minute est conservée, sous peine de nullité

Art. 931 du Code civil

Cautionnement par une personne physique

Mention écrite de la main de la caution, avec le montant en toutes lettres et en chiffres, sous peine de nullité ; sous forme électronique si seule la caution peut l'apposer

Art. 2297 et 1174, al. 2, du Code civil

Acte juridique au-delà de 1 500 €

Preuve par écrit sous signature privée ou authentique

Art. 1359 du Code civil ; décret n° 80-533

Contrat de travail à durée déterminée

Contrat écrit avec la définition précise de son motif ; à défaut, il est réputé conclu pour une durée indéterminée

Art. L1242-12 du Code du travail

Tout le reste : prestation de services, vente de biens mobiliers

Aucune forme imposée, mais la preuve vous incombe

Art. 1172 du Code civil (consensualisme)

Rédiger un contrat en huit étapes

Si vous vous demandez comment rédiger un contrat à partir de zéro, voici l'ordre à suivre. Sauter au texte standard avant les étapes 1 à 3, c'est ainsi que naissent des contrats précis sur tout, sauf sur l'accord lui-même.

  1. Résumer l'accord en un paragraphe

    Avant toute clause, écrivez en phrases simples qui fait quoi, pour combien et pour quand. Si l'accord ne tient pas en un paragraphe, c'est qu'il n'existe pas encore. Envoyez d'abord ce paragraphe à l'autre partie : c'est le moyen le moins cher de découvrir que vous n'êtes pas d'accord.

  2. Nommer précisément les parties

    Dénomination sociale, forme (SAS, SARL, EURL), siège, numéro d'immatriculation au RCS ; pour un indépendant, nom et adresse ; puis une adresse pour les notifications. Définissez des appellations courtes, comme « le Client » et « le Prestataire », et tenez-vous-y. Erreur fréquente : contracter avec un nom commercial ou une holding plutôt qu'avec la société qui paiera.

  3. Définir la prestation et les livrables

    Dites ce qui est inclus et ce qui ne l'est pas : quantités, spécifications, formats de fichiers, nombre d'allers-retours de corrections, et la manière dont l'autre partie réceptionne le travail. Les spécifications longues vont en annexe. Le contrat reste lisible, et l'annexe se modifie par un écrit signé.

  4. Fixer le prix et les modalités de paiement

    Écrivez le montant, la devise et l'échéancier : acompte, jalons, solde. Ajoutez les dates d'échéance et ce qui se passe en cas d'impayé, par exemple une suspension du travail. Entre professionnels, le délai convenu ne peut pas dépasser soixante jours après l'émission de la facture, et les conditions de règlement précisent les pénalités de retard et l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement (art. L441-10 du Code de commerce). Si vous facturez après livraison, décidez dès maintenant du délai de paiement à 30 jours ou d'un délai plus court, pas le jour où la facture est en retard.

  5. Fixer les dates

    Date de début, jalons, date de fin ou durée, reconduction et préavis. Si une échéance compte vraiment, écrivez ce qui arrive quand elle est manquée. Une date sans conséquence n'est qu'un souhait.

  6. Décider comment le contrat prend fin et qui porte le risque

    Résiliation pour faute et sans faute, délai de remédiation, plafond de responsabilité, garantie d'indemnisation, titularité des livrables et confidentialité. Ces clauses ressemblent à du texte standard jusqu'au jour où la relation se détériore, et c'est alors la seule partie que quelqu'un relit. Le tableau ci-dessous dit ce que chacune doit couvrir.

  7. Choisir la loi et le juge

    Nommez la loi applicable et le lieu des litiges : un tribunal ou l'arbitrage. Une clause qui déroge aux règles de compétence territoriale est réputée non écrite, sauf entre personnes ayant toutes contracté en qualité de commerçant et si elle est spécifiée de façon très apparente (art. 48 du Code de procédure civile). La clause compromissoire doit être écrite à peine de nullité (art. 1443 du même code) et ne peut pas être opposée à qui n'a pas contracté dans le cadre de son activité professionnelle (art. 2061 du Code civil). Beaucoup de contrats ajoutent une étape avant : une notification écrite et 30 jours pour en discuter.

  8. Relire, signer, remettre une copie à chacun

    Relisez la version finale de bout en bout, pas seulement les changements. Vérifiez noms, chiffres et blocs de signature, puis envoyez-la en signature électronique ou signez sur papier. Chaque partie reçoit la version signée, pas un brouillon.

La signature est l'étape qu'on ne rattrape pas

Tout ce qui précède la signature se négocie. Après, il faut l'accord de l'autre partie pour changer un seul mot : les contrats ne peuvent être modifiés que du consentement mutuel des parties (art. 1193) et tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faits (art. 1103). L'erreur irréparable n'est donc pas une clause manquante, mais une signature, ou un début d'exécution, sur une version que vous n'avez pas lue jusqu'au bout. Comparez le fichier final au dernier brouillon validé, vérifiez chaque nom et chaque chiffre, puis signez. Si le travail doit démarrer plus tôt, consignez-le dans un court courrier signé, pas dans un coup de fil.

Rédiger les clauses d'un contrat

Une clause a une mission : répondre à une question avant que quelqu'un la pose. À qui appartient le code ? Que se passe-t-il si la livraison est en retard ? Chaque partie peut-elle partir, et avec quel préavis ? Si le texte se tait, le juge applique les règles supplétives, et elles correspondent rarement à ce que chacun supposait. Dans le doute, le contrat de gré à gré s'interprète contre le créancier, et le contrat d'adhésion contre celui qui l'a proposé (art. 1190).

Un contrat freelance de deux pages se passe de la garantie d'indemnisation qu'exige une licence logicielle, mais ces dix clauses couvrent la plupart des contrats d'affaires, et la troisième colonne dit où chacune déraille.

Clauses d'un contrat : ce que chacune doit dire

ClauseCe qu'elle doit direL'erreur de rédaction habituelle

Parties et préambule

Dénominations exactes, adresses, raison d'être du contrat

Un nom commercial au lieu de la société immatriculée

Objet et livrables

Ce qui est livré, selon quel niveau de qualité, comment la réception se fait

« Assistance continue » sans heures ni livrables

Prix et paiement

Montant, échéancier, dates d'échéance, pénalités de retard

Aucune conséquence en cas de paiement tardif

Durée et résiliation

Début, fin, renouvellement, préavis, résiliation pour faute et sans faute

Une tacite reconduction que personne ne suit

Propriété intellectuelle

À qui appartient l'œuvre et à partir de quand (souvent au paiement intégral)

Le silence : sans cession écrite, les droits restent en principe à celui qui a créé l'œuvre

Confidentialité

Ce qui est confidentiel, pour combien de temps, les exceptions usuelles

« Toute information », pour toujours, sans exception

Responsabilité et garantie

Un plafond, les préjudices exclus, qui supporte les réclamations des tiers

Une responsabilité illimitée sur une petite mission

Force majeure

Quels événements excusent un retard, comment les notifier, quand chacun peut sortir du contrat (art. 1218)

Une liste qui oublie l'événement qui se produit vraiment

Loi applicable et litiges

Quelle loi, quel tribunal ou quel arbitrage, notification préalable

Chacun suppose que son tribunal local est compétent

Intégralité, modifications, divisibilité

Le document est tout l'accord ; modifications seulement par écrit signé ; une clause nulle n'emporte pas les autres

Des promesses annexes dans des e-mails qui contredisent le texte

Les mots qui déclenchent les litiges

« Raisonnable », « dans les meilleurs délais », « meilleurs efforts », « conforme aux usages de la profession », « à la satisfaction du client ». Chacun de ces mots confie la définition à celui qui relira le contrat plus tard, et ce peut être un juge. Remplacez-les par des chiffres : sous 10 jours ouvrés, deux allers-retours de corrections, une réponse sous un jour ouvré. Si vous ne pouvez pas chiffrer, dites qui décide et comment.

Quand l'autre partie renvoie des modifications

Rédiger un contrat, c'est surtout le réécrire. Celui qui répond à une offre en la modifiant ne l'accepte pas : l'acceptation non conforme à l'offre est dépourvue d'effet, sauf à constituer une offre nouvelle (art. 1118, al. 3). Conséquence inverse, que l'on oublie : en signant la version qui vous revient, vous acceptez cette offre nouvelle, petits caractères compris. Le silence, lui, ne vaut pas acceptation, sauf si la loi, les usages, les relations d'affaires ou des circonstances particulières en disposent autrement (art. 1120). Quand chaque partie brandit ses propres conditions générales, un devis avec les CGV du prestataire, un bon de commande avec les conditions d'achat, le Code civil tranche : en cas de discordance, les clauses incompatibles sont sans effet (art. 1119, al. 2). Le résultat est un contrat que personne n'a écrit.

La réponse pratique s'appelle le suivi de versions. Numérotez et datez chaque brouillon. Répondez à chaque modification par écrit, en acceptant ou en contre-proposant, et ne laissez rien passer dans un appel téléphonique. Signez ensuite un seul fichier final, pas « la version de mardi avec les corrections de Maria ».

Beaucoup de litiges contractuels ne portent pas sur une mauvaise clause. Ils portent sur la question de savoir quel brouillon était le dernier.

Faire un contrat avec un modèle Word, DocuSign ou Chaindoc

Il existe trois voies courantes, et beaucoup de gens en combinent plusieurs.

Faire un contrat à partir d'un modèle Word ou Google Docs

Gratuit et familier. Ce qui coince, c'est ce que personne ne voit : un modèle écrit pour un autre pays, des clauses qui ne correspondent pas à votre accord, des suivis de modifications laissés dans le fichier, et aucune trace de qui a signé quelle version. Il y a aussi un piège français. Si vous imposez votre modèle sans que l'autre partie puisse en négocier les clauses, vous passez d'un contrat de gré à gré à un contrat d'adhésion (art. 1110), et toute clause non négociable qui crée un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties est réputée non écrite (art. 1171). Un modèle fait gagner de la frappe, pas de la réflexion. Celui qui le remplit doit quand même faire les étapes 1 à 7.

Un service de signature électronique comme DocuSign

Un contrat signé avec DocuSign reste le contrat que vous avez écrit. Des services comme DocuSign reçoivent votre fichier, recueillent les signatures et conservent une trace de la signature. Cette étape change la manière dont le contrat est conclu et archivé, pas ce qu'il dit.

Chaindoc, du modèle à la signature

Dans Chaindoc, vous partez d'un modèle que vous modifiez dans le navigateur, ou vous importez un brouillon rédigé ailleurs. Dans les deux cas, vous créez le document dans Chaindoc et l'envoyez en signature depuis le même endroit ; les versions précédentes restent dans l'historique du document. Le plan Free comprend 5 signatures par mois et ne demande pas de carte bancaire. Franchement, l'outil compte moins que la rédaction : les trois voies donnent un contrat valable si les étapes 1 à 8 ont été bien faites.

Comment rédiger un contrat : deux dirigeants relisent le brouillon imprimé d'un contrat autour d'une table de réunion

Relisez le brouillon à deux avant que quiconque signe. Une correction à cette table coûte quelques minutes ; la même correction après la signature exige un avenant.

Rédiger un contrat, puis le signer : qui signe, dans quel ordre, ce que la preuve établit

Un contrat vaut ce que vaut la signature qui l'accompagne, et la signature vaut ce que vaut le pouvoir du signataire. Quand une société signe, le bloc de signature doit indiquer le nom de la personne, sa fonction et la société qu'elle engage, plus la date. Si le signataire d'en face n'est ni dirigeant ni mandataire, il est légitime de demander d'où vient son pouvoir.

Signatures électroniques

L'écrit électronique a la même force probante que l'écrit sur support papier, à condition que la personne dont il émane soit dûment identifiée et qu'il soit établi et conservé dans des conditions qui en garantissent l'intégrité (art. 1366 du Code civil). La signature électronique, elle, consiste en l'usage d'un procédé fiable d'identification garantissant son lien avec l'acte ; la fiabilité du procédé est présumée, jusqu'à preuve contraire, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'État (art. 1367). Le décret n° 2017-1416 réserve cette présomption à la signature électronique qualifiée au sens du règlement eIDAS. Une signature simple n'est pas pour autant invalide : si elle est contestée, c'est à celui qui s'en prévaut de démontrer la fiabilité du procédé. Le règlement eIDAS (art. 25) interdit de refuser les effets juridiques d'une signature électronique au seul motif qu'elle est électronique.

Deux limites à connaître. L'article 1175 exclut les actes sous signature privée du droit de la famille et des successions, et pour une mention exigée de la main même de celui qui s'oblige, comme la caution, l'apposition électronique n'est admise que si elle garantit qu'elle ne peut être effectuée que par lui-même (art. 1174, al. 2).

Ordre de signature et identité

Dans Chaindoc, une demande classique part vers tous les signataires en même temps. Si les signatures doivent suivre un ordre fixe, les circuits d'approbation du plan Business s'en chargent. Pour une opération de grande valeur, vous pouvez ajouter une vérification d'identité (KYC) facultative pour un signataire, sur les plans payants.

Ce que la trace établit

Chaindoc calcule l'empreinte du fichier à l'import, inscrit l'empreinte de la version sur une blockchain publique à la publication, et enregistre la preuve de chaque signataire quand la signature est terminée. Vous pouvez ainsi montrer plus tard que le fichier signé est celui qui a été envoyé, et quand il a été signé. Cela ne prouve ni que les conditions étaient équitables ni que le signataire avait le pouvoir d'engager la société : les paragraphes ci-dessus gardent donc toute leur importance. Notre guide sur ce qu'enregistre une piste d'audit couvre le reste.

Partez d'un modèle de contrat, pas d'une page blanche

La bibliothèque de modèles de Chaindoc propose des contrats de prestation de services, de confidentialité (NDA), de travail, de fournisseur, de développement web et de bail, que vous modifiez dans le navigateur et envoyez en signature. Le plan Free comprend 5 signatures par mois, sans carte bancaire.

Parcourir les modèles de contrat

Après la signature : modifier, conserver, renouveler

La signature ouvre la vie du contrat, elle ne ferme pas votre travail. Les modifications passent par écrit, signées des deux côtés : un contrat ne peut être modifié que du consentement mutuel des parties (art. 1193). Gardez chaque modification dans un document signé, rangé à côté de l'original. Notre article sur l'ajout de clauses par un avenant explique quand un avenant suffit et quand il faut un nouveau contrat.

Conservez le contrat signé pendant toute sa durée, plus le temps pendant lequel une action peut encore être exercée. Les actions personnelles se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire du droit a connu ou aurait dû connaître les faits (art. 2224). Pour un commerçant, les pièces justificatives de la comptabilité se conservent dix ans (art. L123-22 du Code de commerce), ce qui couvre en pratique le contrat qui justifie une facture. Inscrivez les dates de renouvellement et de préavis dans un agenda le jour de la signature : le contrat ne vous les rappellera pas. Et si l'autre partie cesse d'exécuter, la marche à suivre de notre guide sur la mise en demeure commence par les documents de la colonne de droite du tableau ci-dessous.

Le cycle de vie du contrat : ce que vous faites et ce qu'il faut conserver

ÉtapeCe que vous faitesCe qu'il faut conserver

Rédaction

Résumé de l'accord en un paragraphe, premier projet de contrat, relecture interne

Chaque version, numérotée et datée

Négociation

Accepter ou contre-proposer chaque modification par écrit

Le comparatif ou l'e-mail qui a réglé chaque point

Signature

Toutes les parties signent la même version finale

Le fichier signé, la trace de signature, les données des signataires

Exécution

Livrer, facturer, réceptionner le travail

Procès-verbaux de réception, factures, preuves de paiement

Modification

Modifier ou compléter par un avenant signé des deux côtés

Chaque modification signée, rangée à côté de l'original

Renouvellement ou fin

Notifier comme le contrat le prévoit, avant son échéance

La notification et la preuve de sa remise

Litige

Écrire le problème et suivre la clause de règlement des litiges

Tout ce qui précède, dans l'ordre

Comment rédiger un contrat solide : la dernière vérification

Parcourez cette liste avant d'envoyer quoi que ce soit en signature :

  1. 1.
    Un inconnu pourrait-il dire, à la seule lecture du texte, qui doit quoi à qui et pour quand ?
  2. 2.
    Parties : dénomination complète avec forme sociale, et signataires qui ont le pouvoir d'engager leur société.
  3. 3.
    Prestation et prix sont décrits des deux côtés, et le prix est un chiffre.
  4. 4.
    Le contrat fait-il partie de ceux pour lesquels la loi exige une forme ou un écrit (art. 931, 1394, 2297 du Code civil, art. L1242-12 du Code du travail) ? Alors cette forme est respectée, au besoin sur papier ou chez le notaire.
  5. 5.
    Mots flous remplacés par des chiffres ou par un décideur nommé.
  6. 6.
    Résiliation, responsabilité, propriété intellectuelle et loi applicable figurent au contrat, pas seulement le prix et la prestation.
  7. 7.
    Chaque partie se retrouve avec la même version finale signée.

Si chaque ligne passe, vous savez comment rédiger un contrat qui tiendra pour une opération commerciale ordinaire.

Information générale, pas un conseil juridique

Ce guide explique comment le droit français des contrats fonctionne en général ; il ne remplace pas un conseil sur votre opération, et certaines branches ont leurs propres règles. Faites appel à un avocat quand l'enjeu le justifie : immobilier, capital, contrats de travail dans un secteur réglementé, opération transfrontalière, somme importante, ou partie adverse dont l'avocat a rédigé le premier projet.

Sources vérifiées pour ce guide

Chaque article de loi renvoie au texte en vigueur sur Légifrance, vérifié le 14 octobre 2026. Le règlement eIDAS renvoie à EUR-Lex.

  1. 1.Code civil, art. 1101 : définition du contrat · LégifranceLe contrat est un accord de volontés destiné à créer, modifier, transmettre ou éteindre des obligations. Vérifié le 14/10/2026
  2. 2.Code civil, art. 1113 : formation du contrat · LégifranceLe contrat est formé par la rencontre d'une offre et d'une acceptation. Vérifié le 14/10/2026
  3. 3.Code civil, art. 1118 : acceptation · LégifranceL'acceptation non conforme à l'offre est dépourvue d'effet, sauf à constituer une offre nouvelle. Vérifié le 14/10/2026
  4. 4.Code civil, art. 1119 : conditions générales · LégifranceEn cas de discordance entre les conditions générales des deux parties, les clauses incompatibles sont sans effet. Vérifié le 14/10/2026
  5. 5.Code civil, art. 1128 : conditions de validité · LégifranceConsentement, capacité de contracter, contenu licite et certain. Vérifié le 14/10/2026
  6. 6.Code civil, art. 1172 : contrats consensuels et solennels · LégifranceLes contrats sont par principe consensuels ; la validité des contrats solennels dépend d'une forme fixée par la loi. Vérifié le 14/10/2026
  7. 7.Code civil, art. 1174 : écrit exigé pour la validité · LégifranceL'écrit exigé pour la validité d'un contrat peut être établi et conservé sous forme électronique. Vérifié le 14/10/2026
  8. 8.Code civil, art. 1193 : modification du contrat · LégifranceLes contrats ne peuvent être modifiés que du consentement mutuel des parties ou pour les causes que la loi autorise. Vérifié le 14/10/2026
  9. 9.Code civil, art. 1359 : preuve des actes juridiques · LégifranceAu-delà d'un montant fixé par décret (1 500 € selon le décret n° 80-533), la preuve se fait par écrit. Vérifié le 14/10/2026
  10. 10.Code civil, art. 1366 : écrit électronique · LégifranceL'écrit électronique a la même force probante que l'écrit sur papier sous deux conditions. Vérifié le 14/10/2026
  11. 11.Code civil, art. 1367 : signature · LégifranceLa signature électronique repose sur un procédé fiable d'identification ; présomption de fiabilité dans les conditions du décret. Vérifié le 14/10/2026
  12. 12.Code civil, art. 2297 : cautionnement par une personne physique · LégifranceMention manuscrite de la caution à peine de nullité. Vérifié le 14/10/2026
  13. 13.Code de commerce, art. L441-10 : délais de paiement · LégifranceDélai de règlement entre professionnels, pénalités de retard et indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement. Vérifié le 14/10/2026
  14. 14.Code de procédure civile, art. 48 : clauses de compétence territoriale · LégifranceUne clause dérogeant aux règles de compétence territoriale n'est valable qu'entre commerçants et si elle est très apparente. Vérifié le 14/10/2026
  15. 15.Règlement (UE) no 910/2014 (eIDAS), art. 25 : effets juridiques des signatures électroniques · Office des publications de l'Union européenne, EUR-LexLes effets juridiques d'une signature électronique ne peuvent être refusés au seul motif qu'elle est électronique ; la signature qualifiée équivaut à une signature manuscrite
FAQ

Questions fréquentes

Trouvez les réponses essentielles sur Chaindoc et la signature sécurisée de documents.

Oui. Le droit français n'impose ni avocat ni forme particulière pour la plupart des contrats, et beaucoup de contrats d'affaires modestes se rédigent sans conseil. Il faut un accord clair, des termes assez précis pour être appliqués, et des clauses sur la fin du contrat, la responsabilité, la propriété des livrables et les litiges. Un modèle aide à structurer, sans vérifier votre opération. Faites relire le projet pour l'immobilier, le capital, les contrats de travail, une somme importante ou l'étranger : cela coûte moins qu'un mauvais contrat à réparer.

Le consentement des parties, leur capacité de contracter et un contenu licite et certain (art. 1128 du Code civil). Le consentement doit être libre, c'est-à-dire exempt d'erreur, de dol et de violence. Il n'y a plus de condition de « cause » depuis 2016.

Chaindoc propose une bibliothèque de modèles (prestation de services, NDA, travail, fournisseur, développement web, bail) que vous modifiez dans le navigateur avant de l'envoyer en signature. Un avocat ou votre ordre professionnel peut aussi vous fournir un modèle adapté à votre métier. Quel que soit le modèle, relisez-le clause par clause : il a été écrit pour un autre accord que le vôtre.

En principe, oui. Les contrats sont consensuels (art. 1172) : un accord oral qui remplit les conditions de validité est un contrat. Les exceptions sont les contrats solennels, comme la donation ou le contrat de mariage, qui exigent un acte notarié. Le vrai problème est la preuve : au-delà de 1 500 €, un acte juridique doit être prouvé par écrit (art. 1359), et sans document vous vous disputerez sur ce qui a été dit.

Seulement dans les cas prévus par la loi : donation, contrat de mariage, et vente d'immeuble pour être publiée au fichier immobilier. Le notaire authentifie l'acte et conseille les parties ; il ne juge pas si l'affaire est bonne. Pour un contrat de prestation ou de vente ordinaire, la signature de personnes habilitées suffit.