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Durée de conservation des documents en entreprise : quoi garder, combien de temps

Durée de conservation des documents en entreprise : le tableau des délais par type, le point de départ du calcul et les règles d'archivage électronique.

Durée de conservation des documents en entreprise : quoi garder, combien de temps

Pourquoi ces durées de conservation des documents existent, et qui vient les vérifier

Un contrôleur de l'URSSAF réclame les bulletins de paie de 2022. Votre comptable cherche une facture fournisseur de 2017 pour justifier une charge. Même question dans les deux cas : combien de temps garder cette pièce, et quand la détruire sans risque ? La durée de conservation des documents en entreprise relève de la loi avant de relever du rangement : l'obligation est éclatée entre quatre codes, de un an à trente ans.

Trois administrations lisent vos archives. La DGFiP dispose en principe d'un délai de reprise de trois ans, porté à dix en cas d'activité occulte. L'URSSAF contrôle les trois années civiles précédentes, cinq en cas de travail dissimulé. La CNIL vérifie l'inverse : que les données personnelles ne restent pas au-delà du nécessaire.

L'oubli a un prix affiché : ne pas produire un document soumis au droit de communication expose à une amende de 10 000 euros (article 1734 du CGI). Le second coût est moins visible, c'est la preuve : on classe pour retrouver, on conserve pour prouver, et c'est la logique de toute gestion documentaire d'entreprise.

Chiffres clés

Les quatre délais qui commandent presque tout le reste, chacun renvoyé à son article ou à la page officielle qui le publie.

Documents comptables et pièces justificatives
10 ans

À compter de la clôture de l'exercice, au titre de l'article L123-22 du Code de commerce

Documents fiscaux
6 puis 10 ans

Six ans au titre de l'article L102 B du Livre des procédures fiscales, dix ans pour les pièces dont le délai expire après le 1er janvier 2027

Bulletins de paie, double de l'employeur
5 ans

Article L3243-4 du Code du travail, papier ou électronique ; la disponibilité au salarié court, elle, cinquante ans

Acquisition ou cession immobilière
30 ans

La prescription trentenaire en matière immobilière, telle que la recense la page officielle des délais de conservation

Pièces comptables et fiscales

C'est la DGFiP qui contrôle cette famille, partagée entre le Code de commerce et le Livre des procédures fiscales : le délai part de la clôture de l'exercice côté comptable, de la dernière opération côté fiscal.

DocumentDuréeFondementPoint de départ

Livre journal, grand livre, livre d'inventaire

10 ans

Code de commerce L123-22

Clôture de l'exercice

Comptes annuels : bilan, compte de résultat, annexe

10 ans

Code de commerce L123-22

Clôture de l'exercice

Facture client et fournisseur, bon de commande, bon de livraison

10 ans

Code de commerce L123-22

Clôture de l'exercice

Impôt sur les sociétés et impôt sur le revenu

6 ans (10 ans à partir de 2027)

LPF L102 B, loi 2026-534

Dernière opération ou établissement du document

TVA, CFE, CVAE et impôts directs locaux

6 ans (10 ans à partir de 2027)

LPF L102 B, loi 2026-534

Dernière opération mentionnée

Activité occulte, travail dissimulé, fraude fiscale

10 ans

LPF L102 B et L169

Dernière opération mentionnée

Documents sociaux

L'URSSAF et l'inspection du travail réclament ces pièces, dont le délai se rattache au salarié concerné plutôt qu'à l'exercice comptable.

DocumentDuréeFondementPoint de départ

Bulletin de paie, double conservé par l'employeur

5 ans (50 ans si électronique)

Code du travail L3243-4 et D3243-8

Non précisé par le texte

Registre unique du personnel

5 ans

Code du travail R1221-26

Départ du salarié ou du stagiaire

Décompte des heures travaillées et des heures d'astreinte

1 an

Code du travail D3171-16

Non précisé par le texte

Documents civils et commerciaux

Cette dernière famille ne relève d'aucun code unique : les durées y viennent des prescriptions civiles, commerciales et sociales, et chaque ligne y garde son propre point de départ.

DocumentDuréeFondementPoint de départ

Contrat commercial et correspondance commerciale

5 ans

Code de commerce L110-1 à L110-4

Non précisé par le texte

Relevé bancaire, talon de chèque, ordre de virement

5 ans

Code de commerce L110-4

Non précisé par le texte

Contrat électronique avec un consommateur, à partir de 120 euros

10 ans

Code de la consommation L213-1

Livraison ou prestation

Acquisition ou cession d'un bien immobilier ou foncier

30 ans

Code civil, prescription trentenaire

Non précisé par le texte

Police d'assurance

2 ans

Code des assurances L114-1 à L114-3

Résiliation du contrat

Statuts et pièces modificatives

5 ans

Code civil 2224

Radiation du RCS

Procès-verbal d'assemblée et de conseil d'administration

5 ans

Code de commerce L225-117

Fin de leur utilisation

Feuille de présence, pouvoirs, rapport du gérant ou du commissaire aux comptes

3 derniers exercices

Code de commerce L225-117

Exercice concerné

Charges sociales et taxe sur les salaires

3 ans, plus l'année en cours

Code de la sécurité sociale L244-3

Non précisé par le texte

Durée de conservation des documents en entreprise, famille par famille

Les tableaux donnent les cinq familles que produit une PME. Ce qu'ils ne disent pas, c'est où l'on se trompe.

  • Le bulletin de paie dématérialisé. L'employeur en garde le double cinq ans, mais doit en garantir la disponibilité au salarié pendant cinquante ans.
  • Les points de départ mobiles. Le registre unique du personnel court à partir du départ du salarié, pas de son embauche.
  • Les silences du texte. Pour les contrats commerciaux et les relevés bancaires, aucun point de départ n'est fixé : comptez de la fin de la relation.
  • Les échéances, qui sont un autre sujet. Une durée de conservation ne dit rien du préavis ; notre guide de la gestion des contrats traite cette partie.

Dix ans pour la comptabilité, six pour le fiscal, dix pour les deux en 2027

La même facture obéit à deux horloges. Côté comptable, livres, registres et pièces justificatives se gardent 10 ans à compter de la clôture de l'exercice, au titre de l'article L123-22 du Code de commerce. Côté fiscal, le délai est de 6 ans à compter de la dernière opération mentionnée ou de l'établissement du document, article L102 B du Livre des procédures fiscales, porté à 10 ans pour les documents dont le délai expire après le 1er janvier 2027 (loi n° 2026-534 du 25 juin 2026). Les deux durées et leurs fondements figurent sur la page officielle des délais de conservation. Retenez la plus longue et vous êtes couvert des deux côtés.

À partir de quand court le délai de conservation des documents

Le compteur ne part presque jamais de la date imprimée sur le document. C'est la première source d'erreur.

En comptabilité, tout démarre à la clôture de l'exercice. Une facture d'achat de mars 2020, dans une société qui clôture au 31 décembre, se conserve jusqu'au 31 décembre 2030. Deux factures émises à quinze jours d'écart peuvent relever d'exercices différents et expirer à un an d'intervalle. Classez par exercice, jamais par date de pièce.

Côté fiscal, le compteur démarre à la dernière opération mentionnée sur le document, ou à son établissement. Un registre alimenté pendant trois ans ne commence à vieillir qu'à sa dernière ligne. En paie, le point de départ est souvent un événement plutôt qu'une date : le registre unique du personnel se conserve cinq ans à compter du départ du salarié, pas de son embauche.

Quand le texte ne fixe aucun point de départ, ce qui est le cas des contrats commerciaux et des relevés bancaires, comptez de la fin du contrat ou de la dernière opération. C'est la lecture prudente, et la seule qui vous laisse de quoi répondre si l'on vous oppose la prescription de cinq ans de l'article 2224 du Code civil.

Dernier réflexe, celui qu'on oublie : un contrôle ou un contentieux en cours gèle le délai de conservation des documents concernés. Tant que la procédure vit, on ne détruit rien.

Six étapes pour une politique de conservation qui tient

Comptez une demi-journée pour les deux premières étapes dans une structure de moins de vingt salariés. Le reste s'installe une fois, puis tourne seul.

  1. Inventorier ce que vous produisez

    Listez les types de documents qui entrent et sortent, pas les documents eux-mêmes. Une PME de vingt salariés dépasse rarement la trentaine de types : factures, contrats, bulletins, procès-verbaux, polices d'assurance, relevés bancaires. Faites l'exercice avec la comptabilité ouverte devant vous, c'est elle qui révèle les familles oubliées.

  2. Classer par famille, pas par service

    Un contrat fournisseur reste un contrat, qu'il vienne des achats ou de la direction. Le classement par service se défait au premier départ, celui par nature du document survit aux réorganisations. Rattachez chaque famille à l'un des cinq blocs du tableau : comptable, fiscal, commercial, social, vie de la société.

  3. Écrire une durée en face de chaque famille

    Une ligne, une durée, un fondement. Cette page unique fait office de politique d'archivage des documents et vous servira autant devant un contrôleur que devant votre expert-comptable. Quand deux textes se contredisent, retenez le plus long : la durée légale de conservation des documents est un plancher, pas un plafond.

  4. Choisir un emplacement de référence

    Papier, électronique ou les deux, mais un seul emplacement fait foi par famille. Le pire schéma est le plus courant : l'original chez l'expert-comptable, une copie sur un disque partagé, une troisième dans une boîte mail. Le jour du contrôle, personne ne sait laquelle compte.

  5. Programmer le rappel de fin de délai

    Une date de destruction se calcule le jour du classement, pas dix ans plus tard. Ajoutez un champ de fin de conservation à vos métadonnées, puis une revue annuelle en janvier sur les familles qui arrivent à terme. Sans rappel, une politique de conservation se transforme lentement en accumulation.

  6. Détruire, et le prouver

    La destruction se documente : types détruits, période couverte, date, méthode, personne responsable. Un procès-verbal d'une page suffit. Il sert deux fois : devant la CNIL, et face au tiers qui vous reprocherait d'avoir fait disparaître une pièce gênante.

Archivage des documents : ce qui rend une copie électronique opposable

Conserver un PDF sur un disque partagé, ce n'est pas de l'archivage. L'article 1366 du Code civil pose la règle : l'écrit électronique a la même force probante que le papier à deux conditions, que la personne dont il émane soit dûment identifiée et qu'il soit conservé dans des conditions de nature à en garantir l'intégrité.

Concrètement, un archivage des documents qui tient devant un contrôle repose sur quatre garanties : identification de l'auteur, intégrité du fichier depuis son entrée, traçabilité des accès et des versions, lisibilité dans dix ans. Les systèmes d'archivage électronique conformes à la norme NF Z42-013, transposée à l'international sous ISO 14641, sont faits pour cela : empreinte du fichier, horodatage, journal d'événements non modifiable.

La signature change aussi la donne. L'article 1367 du Code civil attache une présomption de fiabilité à la signature électronique qualifiée au sens du règlement eIDAS. Un contrat signé ainsi, puis archivé avec sa preuve, se défend seul.

Si vos documents naissent déjà numériques, faites-les signer et conserver au même endroit, sans transfert intermédiaire. C'est ce que couvre la gestion documentaire de Chaindoc : le document, sa version signée et sa piste d'audit restent liés.

Sur ce dernier point, notre guide de la piste d'audit détaille ce qu'un journal doit contenir pour valoir preuve devant un tiers.

Classement de dossiers selon la durée de conservation des documents en entreprise dans un local d'archives

Un seul emplacement fait foi par famille, avec une date de destruction calculée dès le classement.

Ce qui change pour la conservation : facture électronique en 2026, délai fiscal en 2027

Deux réformes touchent vos archives, l'une pour le format des pièces, l'autre pour leur durée.

La facture électronique, en 2026 puis en 2027

Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, doivent être en mesure de recevoir une facture électronique. Les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire doivent en plus émettre les leurs et transmettre les données d'e-reporting. Les PME, les TPE et les micro-entreprises suivent au 1er septembre 2027, d'après le calendrier publié par l'administration fiscale.

Ce que cela change pour la conservation : la facture n'a plus de version papier de référence. L'original est le fichier structuré, et c'est lui qui doit tenir dix ans, avec son intégrité démontrable. Une facture laissée dans une boîte mail ne remplit aucune des deux conditions de l'article 1366. Le réflexe utile tient en deux gestes : garder le fichier d'origine et pas seulement son aperçu PDF, puis vérifier que vos exports restent lisibles hors de la plateforme, le jour où vous en changerez.

Le délai fiscal, de six à dix ans

Le second changement est moins commenté et plus lourd. L'article 36 de la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales porte de six à dix ans le délai de conservation de l'article L102 B du Livre des procédures fiscales, pour les documents et pièces dont le délai expire après le 1er janvier 2027.

La règle de tri est donc une date, pas un type de document. Une pièce dont les six ans s'achèvent en décembre 2026 reste sous l'ancien régime ; la même pièce, émise quelques semaines plus tard, bascule à dix ans. En pratique, la double horloge comptable et fiscale s'aligne sur dix ans pour à peu près tout ce que vous produisez aujourd'hui, ce qui simplifie la politique de conservation autant que cela l'allonge. Méfiez-vous en revanche des tableaux et des doctrines administratives publiés avant juin 2026 : ils annoncent encore six ans, sans mention de la bascule.

L'erreur qui se paie dans les deux sens

Deux fautes symétriques reviennent dans les PME. La première consiste à détruire à six ans des factures qui relèvent des dix ans comptables, parce que le délai fiscal a été pris pour la règle générale. Le jour du litige fournisseur, la pièce manque. La seconde consiste à tout garder, indéfiniment, disque après disque. Un fichier de candidats de 2014, des coordonnées d'anciens prospects conservées sans finalité : c'est exactement ce que la CNIL contrôle. La bonne réponse tient en une ligne par famille : une durée écrite, et tenue.

Conserver ou effacer : le point de friction avec le RGPD

Les deux obligations ne se contredisent qu'en apparence. L'article 5, paragraphe 1, point e du RGPD impose de ne pas conserver des données personnelles au-delà de ce qui est nécessaire aux finalités du traitement. Or une obligation légale de conservation est une finalité. Garder un bulletin de paie cinq ans, c'est appliquer un texte.

Le manquement commence après. Passé le délai, la donnée doit disparaître ou changer de statut. L'archivistique française, comme le référentiel de la CNIL sur les durées de conservation, raisonne en trois temps : la base active pour ce qui sert au quotidien, l'archivage intermédiaire à accès restreint pour ce qui n'est plus utile mais reste exigible, l'archivage définitif ou la suppression. Beaucoup d'entreprises n'ont que le premier et le dernier, et gardent donc tout en base active.

Deux gestes remettent l'ensemble d'aplomb. Restreindre les accès dès qu'un dossier bascule en archivage intermédiaire, ce que permettent des droits d'accès par équipe. Et consigner chaque destruction, car il faut prouver l'effacement autant que la conservation.

Vos documents, leurs durées et leurs preuves au même endroit

Créez le document, faites-le signer, gardez la piste d'audit attachée et la date de fin de conservation avec le dossier.

Découvrir la gestion documentaire Chaindoc

Votre politique de conservation des documents selon la taille de l'entreprise

Il n'existe pas de politique unique, mais il existe un minimum par taille.

Indépendant ou TPE de moins de cinq salariés : une page suffit. Cinq familles, cinq durées, un emplacement par famille, et la règle du délai le plus long en cas de doute. Le point faible est presque toujours le même, les pièces qui ne passent pas par l'expert-comptable, notes de frais et contrats fournisseurs signés vite.

PME de dix à cinquante salariés : ajoutez un responsable nommé, une date de fin de conservation stockée avec chaque dossier, une revue annuelle en janvier. C'est la taille à partir de laquelle la durée de conservation des documents en entreprise se gère mal à la main, et les formules Chaindoc couvrent ce périmètre.

Au-delà de cinquante salariés, la question devient celle de la valeur probante : archivage conforme à NF Z42-013, journal d'accès, tri annuel réellement exécuté plutôt que planifié.

Un conseil vaut pour toutes les tailles. Commencez par la comptabilité : dix ans, un point de départ clair, et vous tenez l'essentiel de ce qu'un contrôleur demandera.

Destruction de dossiers papier à l'issue de la durée légale de conservation des documents en entreprise

Une destruction se prouve : types détruits, période couverte, date, méthode, responsable.

Sources

Les textes et les pages officielles dont sont tirés les délais de cet article, dans l'ordre où il s'y appuie.

  1. 1.BOI-CF-INF-10-40-20 : amende pour refus de communication (CGI, art. 1734) · BOFiP, direction générale des finances publiques10 000 € par demande non satisfaite, et non par document manquant.
  2. 2.Code de commerce, article L123-22 : la conservation des documents comptables · LégifranceDix ans à compter de la clôture de l'exercice.
  3. 3.Livre des procédures fiscales, article L102 B : la conservation des documents fiscaux · LégifranceSix ans, porté à dix par l'article 36 de la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 pour les délais expirant après le 1er janvier 2027.
  4. 4.Code du travail, article L3243-4 : le double du bulletin de paie · Ministère du TravailCinq ans, sur support papier ou électronique.
  5. 5.Durées de conservation des documents d'entreprise · entreprendre.service-public.gouv.frLa table officielle et sa liste de fondements, dont la prescription trentenaire en matière immobilière.
  6. 6.Code du travail, article R1221-26 : le registre unique du personnel · Ministère du TravailCinq ans à compter du départ du salarié ou du stagiaire.
  7. 7.Code du travail, article D3171-16 : le décompte de la durée du travail · Ministère du TravailUn an pour les documents permettant de comptabiliser les heures accomplies.
  8. 8.Code civil, article 1366 : force probante de l'écrit électronique · Légifrance
  9. 9.Code civil, article 1367 : signature et présomption de fiabilité · Légifrance
  10. 10.NF Z42-013 : l'archivage électronique · AFNORExigences d'un système d'archivage électronique ; ISO 14641 en est la transposition internationale.
  11. 11.À partir de quand suis-je concerné par la réforme de la facturation électronique ? · impots.gouv.frRéception obligatoire au 1er septembre 2026, émission généralisée au 1er septembre 2027.
  12. 12.Référentiel relatif aux durées de conservation des données de gestion des ressources humaines · CNIL
FAQ

Questions fréquentes

Trouvez les réponses essentielles sur Chaindoc et la signature sécurisée de documents.

Toute la comptabilité. Les livres et registres comptables, les comptes annuels et l'ensemble des pièces justificatives, factures clients et fournisseurs comprises, se conservent 10 ans à compter de la clôture de l'exercice, au titre de l'article L123-22 du Code de commerce. S'y ajoutent deux cas particuliers : le contrat conclu par voie électronique avec un consommateur au-dessus de 120 euros, et les documents fiscaux lorsque l'administration invoque une activité occulte. À partir du 1er janvier 2027, les documents fiscaux rejoignent ce délai de dix ans, sous l'effet de la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026.

Les contrats d'acquisition ou de cession de biens immobiliers et fonciers. C'est la seule durée trentenaire du tableau, rattachée à la prescription trentenaire en matière immobilière. Les sources officielles ne citent pas toutes le même article du Code civil, donc retenez la durée sans vous accrocher à un numéro précis.

Cinq ans pour le double conservé par l'employeur, papier ou électronique, selon l'article L3243-4 du Code du travail. Le bulletin remis sous forme électronique obéit en plus à une seconde règle : l'employeur doit en garantir la disponibilité au salarié pendant cinquante ans, ou jusqu'à six ans après l'âge de mise à la retraite d'office, au titre de l'article D3243-8. Le salarié, lui, a intérêt à garder les siens sans limite de durée, puisqu'ils servent à reconstituer une carrière au moment de la retraite. Attention à ne pas confondre avec le registre unique du personnel, dont les cinq ans courent à partir du départ du salarié.

Prudence. Une copie électronique ne vaut que par les conditions dans lesquelles elle a été produite et conservée : l'article 1366 du Code civil exige l'identification de l'auteur et la garantie de l'intégrité. Un scan posé sur un disque partagé, sans empreinte, sans horodatage et sans journal d'accès, ne remplit pas ces conditions. Tant que vos documents numérisés ne sont pas dans un système capable de démontrer cette intégrité, gardez le papier des pièces les plus sensibles, à commencer par les contrats et les titres.

Une amende de 10 000 euros peut être appliquée par demande non satisfaite lorsque l'entreprise refuse de communiquer ou fait obstacle à la communication de documents soumis au droit de communication, au titre de l'article 1734 du CGI. S'y ajoute le risque principal : sans pièce justificative, une charge peut être remise en cause et l'impôt recalculé.

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