Vérifier l'authenticité d'un document : la méthode pour les entreprises
Vérifier l'authenticité d'un document reçu : contrat, facture, attestation. Lisez le rapport de validation, comparez l'empreinte et contrôlez l'émetteur.

Signez un document et vérifiez la preuve vous-même.
Commencer maintenantVérifier l'authenticité d'un document : ce que le contrôle prouve, et ce qu'il laisse ouvert
Vérifier l'authenticité d'un document, c'est répondre à trois questions. Émane-t-il vraiment de la partie qui y figure ? A-t-il changé depuis ? Et celui qui l'envoie a-t-il le droit de le faire ? Une facture de fournisseur, un contrat revenu signé, un certificat ISO glissé dans un dossier d'appel d'offres, le diplôme d'un candidat, la pièce d'identité d'un nouveau dirigeant : des papiers différents, les mêmes trois questions.
Les pages qui se classent sur cette recherche parlent surtout de pièces d'identité et de logiciels de détection. C'est une ligne du tableau plus bas. En France, une entreprise a une raison de plus de contrôler ce qu'elle reçoit : quand elle confie à un sous-traitant un contrat d'au moins 5 000 € HT, le Code du travail (art. L. 8222-1 et D. 8222-5) lui demande de se faire remettre des documents, dont l'attestation de vigilance de l'Urssaf, à la conclusion puis tous les six mois. Ce n'est pas du zèle, c'est la loi.
Un bémol d'entrée : un contrôle produit des preuves, pas une certitude. Un rapport de validation peut montrer qu'un PDF n'a pas bougé depuis la signature. Il ne dit pas que la facture qu'il contient est honnête. On empile les contrôles jusqu'à ce que le risque restant soit un risque qu'on accepte. Pour un PDF signé, le premier prend deux minutes : vérifier une signature numérique en ligne et garder le rapport.
L'apostille est un autre contrôle
Pour un acte public destiné à l'étranger, on parle d'apostille. Entre les États parties à la convention de La Haye, elle remplace la chaîne de légalisations : elle atteste qui a signé, en quelle qualité et sous quel sceau. Elle ne dit rien de l'exactitude du contenu.
Vérifier l'authenticité d'un document selon ce qui arrive dans votre boîte
Les types de vérification diffèrent moins par la technique que par l'endroit où se trouve la vérité. Pour un PDF signé, la preuve est dans le fichier. Pour une facture, elle est dans votre propre fichier fournisseurs. Pour vérifier un diplôme ou un certificat, il faut aller chez l'émetteur : seul un contrôle auprès de lui compte.
La pièce d'identité est le cas à part. Le document est un passeport ou une carte d'identité, et la question est de savoir si la personne devant l'écran lui correspond. Il faut un outil spécialisé, qui lit la zone de lecture automatique (MRZ) et la puce et contrôle la vivacité. Beaucoup d'entreprises ne l'activent que pour la personne qui signe un contrat de forte valeur.
Quel document, quel contrôle : vue d'ensemble
| Document reçu | Ce qui prouve qu'il est authentique | Où vérifier | Signal d'alerte |
|---|---|---|---|
Contrat ou NDA signé (PDF) | Une signature numérique valide pour la version que vous lisez | Un validateur de PDF | La « signature » est une image, sans certificat derrière |
Facture | Coordonnées bancaires et émetteur identiques à ce que vous avez déjà | Votre fichier fournisseurs ; un numéro de téléphone que vous aviez avant cette facture | Nouveau RIB « pour ce paiement seulement » |
Facture électronique en XML (Factur-X, UBL, CII) | Si elle est signée : la signature ou le cachet du fournisseur est valide | Le PDF et le XML ne disent pas la même chose | |
Conteneur ASiC signé | La signature couvre tous les fichiers du conteneur | Un fichier que la signature ne liste pas | |
Certificat ISO, attestation d'assurance ou attestation de vigilance | Le registre ou l'organisme émetteur la reconnaît, avec le même périmètre et les mêmes dates | IAF CertSearch pour les certificats ISO accrédités ; l'assureur ; le service de vérification d'attestation de l'Urssaf | Un numéro ou un code de sécurité que l'émetteur ne reconnaît pas |
Diplôme ou titre professionnel | L'établissement ou l'ordre le confirme | Le service de scolarité ou l'ordre, joint par des coordonnées que vous avez cherchées vous-même | Le seul contact proposé figure sur le document |
Pièce d'identité d'un signataire | Éléments de sécurité, plus une personne en direct qui correspond | Un prestataire de contrôle d'identité ; PRADO pour les spécimens ; le 2D-Doc pour les justificatifs | Un scan seul, et une raison pour laquelle le contrôle en direct « n'est pas possible » |
Extrait Kbis | Le registre dit la même chose aujourd'hui | Annuaire des entreprises, Infogreffe | Daté d'avant le dernier changement de dirigeant |
Vérifier l'authenticité d'un document reçu, étape par étape
Sept étapes, dans cet ordre. Les deux premières prennent une minute et protègent tout ce qui suit.
Conserver le fichier tel qu'il est arrivé
Enregistrez la pièce jointe avant que quiconque l'ouvre dans un éditeur. Imprimer en PDF, réenregistrer ou passer une reconnaissance de texte crée un autre fichier, qui ne correspondra plus à la signature. On ne revient pas en arrière, d'où la place de cette étape.
Relever son empreinte
Calculez une empreinte SHA-256 et notez-la avec la date et le canal de réception. Sur Mac :
shasum -a 256 contrat.pdf. Sous Windows :certutil -hashfile contrat.pdf SHA256.Vérifier le canal autant que le contenu
Même domaine, même personne, une demande normale pour cette contrepartie ? Si quelque chose a changé, confirmez par des coordonnées que vous aviez déjà, jamais par celles du message.
Valider la signature
Passez un fichier signé dans un validateur et conservez le rapport le jour même. S'il n'est pas signé, notez-le : les étapes cinq et six portent alors tout le poids.
Confronter le contenu à une source indépendante
Numéros de certificat contre le registre de l'émetteur, numéros d'entreprise contre le registre officiel, coordonnées bancaires contre votre fichier fournisseurs. Une source n'est indépendante que si vous l'avez trouvée vous-même.
Contrôler l'émetteur
KYB sur l'entreprise. Pour une affaire qui le justifie, un contrôle KYC de la personne qui signe.
Classer les preuves avec le document
Original, empreinte, rapport, et une note de qui a confirmé quoi et quand. Si un litige survient deux ans plus tard, ce dossier est votre dossier.
Ne réparez pas un fichier avant de l'avoir contrôlé
Les erreurs irréversibles arrivent avant le début du contrôle. Un collègue aplatit les champs du formulaire, un outil de gestion documentaire convertit le PDF à l'import, une passerelle de messagerie réécrit la pièce jointe, ou quelqu'un imprime et rescanne pour l'archivage. Chaque fois, on obtient un nouveau fichier qui ne correspond plus à la signature, et l'original a peut-être disparu. Faites une copie en lecture seule de ce qui est arrivé, calculez son empreinte, et laissez les gens travailler sur des doubles.

L'étape trois en pratique. Un appel à un numéro que vous aviez déjà prend une minute et arrête la fraude à la facture la plus coûteuse.
Lire le rapport de validation d'une signature
Un validateur répond à une seule question : cette signature tient-elle, et selon quelles règles ? Pour les signatures qualifiées dans l'UE, l'article 32 du règlement eIDAS fixe la liste. La validation doit confirmer que le certificat était qualifié, délivré par un prestataire de services de confiance qualifié et valide au moment de la signature ; qu'un dispositif de création de signature qualifié a produit la signature ; que les données signées n'ont pas été compromises ; et que les données d'identification du signataire vous parviennent correctement, avec mention de tout pseudonyme.
Les validateurs européens, bibliothèque DSS de la Commission européenne comprise, suivent la norme ETSI EN 319 102-1. Une même procédure couvre PAdES (signatures dans les PDF), XAdES (XML), CAdES (fichiers .p7m et .p7s) et les conteneurs ASiC, et elle aboutit à l'un de trois verdicts. Les outils les formulent chacun à leur façon ; en dessous, c'est toujours l'un d'eux.
La Commission publie aussi une application de démonstration de DSS, mais elle précise qu'elle sert aux tests. Pour un usage professionnel, passez par un service de validation et gardez son rapport.
Valide ne veut pas dire qualifié
Un rapport peut afficher TOTAL-PASSED pour une signature avancée, pas qualifiée. Le caractère qualifié est une vérification dans une liste : l'émetteur figure-t-il dans la liste de confiance de l'UE comme prestataire qualifié ? La note de l'ETSI elle-même avertit qu'un résultat positif ne rend pas forcément la signature utile pour un usage donné. Lisez donc deux lignes : a-t-elle été validée, et à quel niveau ? Si votre contrat exige une signature qualifiée, vous pouvez contrôler des fichiers XAdES, CAdES et ASiC avec la liste de confiance de l'UE, pas seulement des PDF.
Une habitude rapporte : enregistrez le rapport le jour où vous le produisez. Les données de révocation d'une signature qui ne les embarque pas peuvent disparaître, et le rapport d'aujourd'hui vaut mieux qu'une nouvelle exécution dans deux ans.
Les trois verdicts qu'un validateur peut rendre
| Verdict | Ce que cela veut dire | Raisons typiques | Que faire |
|---|---|---|---|
TOTAL-PASSED | La cryptographie tient et chaque contrôle demandé par la politique de validation est réussi | Aucune | Classez le rapport. Puis vérifiez le niveau : avancé ou qualifié |
TOTAL-FAILED | La cryptographie a échoué, le certificat n'était pas valide à la signature, ou le fichier ne peut pas être traité | HASH_FAILURE (le contenu a changé), SIG_CRYPTO_FAILURE, REVOKED, FORMAT_FAILURE | Considérez le document comme non vérifié. Demandez l'original signé, pas une copie transférée |
INDETERMINATE | Les contrôles n'ont pas pu établir ni une réussite ni un échec | NO_CERTIFICATE_CHAIN_FOUND (émetteur non reconnu ici), TRY_LATER (données de révocation indisponibles) | Ce n'est pas un échec. Relancez plus tard, ou décidez par politique si vous acceptez cet émetteur |
Comparer les empreintes : la copie est-elle l'original ?
Une empreinte est une courte signature calculée à partir de chaque octet d'un fichier. La norme Secure Hash Standard du NIST en donne l'usage sans détour : les condensés servent à détecter si un message a changé depuis leur calcul. Modifiez une virgule, et la valeur SHA-256 devient entièrement différente.
La comparaison d'empreintes est donc le moyen le moins cher de vérifier l'authenticité d'un document entre deux copies. Demandez à l'expéditeur de vous lire, au téléphone, l'empreinte du fichier qu'il a envoyé, et comparez-la à celle de l'étape deux. Même valeur, même fichier. Les tribunaux américains suivent la même logique : les notes de 2017 du comité sur les Federal Rules of Evidence disent que des empreintes identiques montrent de façon fiable qu'une copie et un original sont des doublons exacts.
La limite est tout aussi nette. Une empreinte identique prouve que la copie est identique. Elle ne prouve pas que l'original était honnête.
Contrôler une signature DocuSign ou un PDF signé avec Acrobat
Les deux marques derrière la plupart des PDF signés se contrôlent sans compte chez l'une ni chez l'autre.
DocuSign. Assurez-vous d'abord que l'enveloppe vient bien de DocuSign. Les conseils de sécurité de DocuSign invitent à vérifier que le courriel provient d'un domaine officiel comme @docusign.net, et à ouvrir le document sur le site de DocuSign avec le code de sécurité du courriel plutôt que par un lien. Regardez ensuite ce qu'on vous a envoyé :
- Le PDF finalisé, qui s'ouvre dans n'importe quel validateur comme tout PDF signé.
- Le Certificate of Completion : le dossier de DocuSign sur l'enveloppe, avec l'ID d'enveloppe, chaque signataire et les événements horodatés de la signature. C'est un journal d'audit, pas la signature numérique du PDF ; traitez les deux comme des preuves distinctes.
- L'ID d'enveloppe imprimé sur les pages, une référence à citer quand vous demandez le certificat à l'expéditeur.
Adobe Acrobat. Ouvrez le panneau Signatures, choisissez la signature et validez-la. Acrobat décide de la confiance d'après ses propres réglages, qui ne correspondent pas à ceux d'un validateur européen : une signature peut réussir dans Acrobat et ressortir non qualifiée ailleurs, ou l'inverse. Devant un bandeau jaune, voici ce que signifient les alertes jaunes d'Acrobat.
Soyons francs : l'échec le plus courant ici n'est pas une fraude. C'est un document que quelqu'un a retouché après la signature.
KYB : contrôler l'entreprise derrière le document
Le KYB (Know Your Business) est le KYC au niveau de l'entreprise. Pour les assujettis à la lutte contre le blanchiment, c'est une obligation légale. Un règlement unique s'appliquera à eux dans l'UE à partir du 10 juillet 2027, le règlement (UE) 2024/1624. Pour tous les autres, le KYB relève de la prudence ordinaire, et il coûte moins cher qu'il n'y paraît :
- 1.Retrouvez vous-même l'entreprise dans le registre officiel. L'Annuaire des entreprises, service public alimenté notamment par le registre national des entreprises que tient l'INPI, suffit pour un contrôle rapide ; pour une preuve officielle, commandez l'extrait Kbis chez Infogreffe. Les registres du commerce de tous les pays de l'UE sont interconnectés et consultables depuis juin 2017 via le portail e-Justice.
- 2.Rapprochez la dénomination, le SIREN et l'adresse du document de ceux du registre. Un nom commercial sur la facture et une autre personne morale dans le contrat méritent une question.
- 3.Vérifiez qui peut engager la société. Les dirigeants figurent au Kbis ; un « head of partnerships » en général non.
- 4.S'il s'agit d'un sous-traitant, exigez l'attestation de vigilance de l'Urssaf et contrôlez son code de sécurité sur le site de l'Urssaf. Le Code du travail le demande dès 5 000 € HT, à la signature puis tous les six mois, et sans ce contrôle le donneur d'ordre peut être tenu solidairement des dettes sociales du sous-traitant en cas de travail dissimulé.
- 5.Si l'entreprise a un identifiant d'entité juridique (LEI), cherchez-le comme second enregistrement, tenu par un autre.
Pour une contrepartie étrangère, les règles changent. Au Royaume-Uni, Companies House impose depuis le 18 novembre 2025 la vérification d'identité des dirigeants et des personnes exerçant un contrôle important. Aux États-Unis, les banques doivent identifier selon 31 CFR 1010.230 les bénéficiaires effectifs à partir de 25 % et une personne de contrôle ; les sociétés créées aux États-Unis sont dispensées depuis mars 2025 de déclarer leurs bénéficiaires effectifs à FinCEN, donc inutile de chercher une déclaration fédérale.
Reste la personne. Pour une affaire importante, ajoutez un contrôle KYC du signataire : document d'identité, contrôle de vivacité, filtrage sanctions et PPE. Comment contrôler l'identité de la personne qui signe figure sur la page du service. Notre guide sur le contrôle d'un client avant de signer dit qui y est tenu par la loi et qui devrait simplement le faire.
Le KYB n'est pas qu'une affaire de banques
Les banques y sont tenues. Vous non, tant que vous n'êtes pas vous-même assujetti à la lutte contre le blanchiment, et c'est précisément pour cela qu'on l'oublie. Dix minutes dans un registre public avant le premier paiement à un nouveau fournisseur révèlent les incohérences dont la fraude se nourrit : une société radiée l'an dernier, un dirigeant qui n'apparaît pas, une adresse qui s'avère être une boîte aux lettres à l'étranger.
Les faux qui passent un premier regard
Le faux papier attire l'attention, mais les plus grosses pertes documentées viennent de vrais documents, ou de vraies conversations, dont un détail a été modifié. Le rapport 2024 sur la criminalité sur Internet du FBI américain recense 21 442 plaintes pour compromission de messagerie professionnelle et 2,77 milliards de dollars de pertes, sur 16,6 milliards déclarés cette année-là. À l'intérieur des entreprises, la fraude dure : le rapport 2026 de l'ACFE, fondé sur 2 402 cas dans le monde, donne une perte médiane de 104 000 dollars et, typiquement, 12 mois avant la détection.
Les schémas à enseigner à votre équipe :
- RIB modifié. Un vrai fil avec un fournisseur, une facture vraisemblable, un nouveau compte. C'est la fraude au faux fournisseur ; avec un faux courriel de dirigeant, on parle de fraude au président. C'est le schéma le plus coûteux et le plus facile à arrêter, par un appel.
- Un PDF modifié qui affiche encore une signature. Un PDF peut porter des révisions ajoutées après la signature, de sorte qu'une signature reste valide pour une version antérieure alors que la page que vous lisez est postérieure. Les validateurs indiquent quelle révision chaque signature couvre. Lisez cette ligne.
- Une image de signature collée : elle ressemble à une signature et ne contient aucune cryptographie.
- Un domaine ressemblant : une lettre changée dans l'adresse de l'expéditeur, souvent dans un fil commencé de façon légitime.
- Un vrai certificat qui n'est pas le leur, retouché pour afficher un autre nom d'entreprise ou un autre périmètre. Le registre de l'émetteur le démasque.
- Un faux Kbis ou un faux justificatif : demandez un extrait récent à la source, ou lisez le 2D-Doc, le code-barres signé que portent beaucoup de justificatifs français et dont la lecture révèle l'émetteur et toute modification des données, plutôt que de vous fier au PDF reçu.
- Les pièces d'identité et fiches de paie générées. Les repérer relève d'outils spécialisés, et nous avons traité à part ce que cherchent les modèles d'IA dans une fausse pièce d'identité.
Le faux est aussi un délit : selon l'article 441-1 du Code pénal, le faux et l'usage de faux sont punis de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 € d'amende. Cela vous aide après coup, pas avant.
Aucun de ces schémas ne résiste à une routine qui contrôle le canal et une source indépendante. Ils résistent aux gens pressés.
Le document qui demande de changer quelque chose
Méfiez-vous surtout des documents qui demandent un changement : nouveau RIB, nouveau signataire, clause modifiée envoyée dans un PDF tout neuf. Confirmez le changement par un contact que vous aviez avant la demande, et notez qui a confirmé. Une demande qui ne résiste pas à un appel à un numéro connu ne devrait pas non plus résister à votre circuit de validation.
Contrôlez un PDF signé avant de vous y fier
Téléversez le fichier, confirmez votre e-mail avec un code à usage unique, et lisez l'intégrité, la chaîne de certificats, la révocation et l'horodatage comme des résultats séparés.
Valider un PDF signéVérifier l'authenticité d'un document en justice : ce que vaut un rapport
Un rapport de validation est une preuve sur une signature. Son poids dépend de l'endroit où vous l'utiliserez et de ce qui est arrivé au fichier avant que vous le contrôliez.
Dans l'UE, l'article 25, paragraphe 1, du règlement eIDAS dit qu'on ne peut refuser à une signature électronique son effet juridique ni sa recevabilité comme preuve en justice au seul motif qu'elle est électronique ou qu'elle ne satisfait pas aux exigences de la signature qualifiée. Cela ouvre la porte. L'article 33 ajoute un palier : seul un prestataire de services de confiance qualifié peut offrir un service de validation qualifié des signatures qualifiées, valider selon l'article 32 et rendre le résultat sous une forme automatisée portant sa propre signature ou son propre cachet avancé. Un tel rapport est plus difficile à contester que la capture d'écran d'une coche verte.
En droit français, l'écrit électronique a la même force probante que l'écrit sur support papier, à condition que la personne dont il émane soit dûment identifiée et qu'il soit établi et conservé dans des conditions qui en garantissent l'intégrité (Code civil, art. 1366). La fiabilité d'un procédé de signature électronique est présumée, jusqu'à preuve contraire, quand il met en œuvre une signature qualifiée (art. 1367 et décret n° 2017-1416). Sans signature qualifiée, il vous revient de démontrer cette fiabilité ; à défaut de texte ou de convention, le juge règle les conflits de preuve en déterminant par tous moyens le titre le plus vraisemblable (art. 1368). C'est là que servent l'original, l'empreinte, le rapport et le journal de réception.
Aux États-Unis, la règle 901(a) des Federal Rules of Evidence exige de quoi appuyer la conclusion qu'un élément est ce que son auteur prétend. Depuis décembre 2017, les alinéas 902(13) et 902(14) de la règle 902 permettent à une preuve électronique de s'authentifier par l'attestation d'une personne qualifiée ; les notes citent l'empreinte comme méthode habituelle.
Deux réserves, et elles comptent. Authentique ne veut pas dire vrai : un rapport prouve le fichier et la signature, pas les faits qui y sont écrits, et la partie adverse peut encore contester le contenu. Et rien de tout cela n'est un conseil juridique pour votre litige ; c'est le cadre dont part un avocat. Autant le dire : si l'original a été retouché avant que quiconque en calcule l'empreinte, aucune règle ne le répare, ce qui explique que la vérification commence à l'arrivée du fichier.
Où Chaindoc intervient pour vérifier l'authenticité d'un document
Chaindoc intervient des deux côtés du processus de vérification, alors soyons précis sur chacun.
Pour les fichiers que vous recevez, le service de vérification de Chaindoc exécute les contrôles de la section sur le rapport, sur des signatures PDF, XML, CAdES et ASiC. Vous confirmez votre e-mail avec un code à usage unique avant le premier contrôle. La validation s'appuie sur la bibliothèque DSS de la Commission européenne, la confiance repose sur la liste de confiance de l'UE et les grandes autorités de certification commerciales, et l'intégrité et la confiance reviennent comme des résultats séparés, de sorte qu'un émetteur non reconnu ne passe pas pour un document falsifié. Pour une validation qualifiée au sens de l'article 33, il faut un prestataire de services de confiance qualifié qui en propose une.
Quand vous envoyez un document par Chaindoc, le serveur calcule l'empreinte du fichier au téléversement. Sa publication pour signature inscrit l'empreinte de cette version dans une blockchain publique, et la preuve de chaque signataire y est enregistrée quand il termine. Les contrôles d'identité des signataires sont facultatifs et réservés aux offres payantes : vous les activez pour les documents qui le justifient.
Ce que Chaindoc ne fait pas, c'est l'appel de l'étape trois ni la recherche au registre de l'étape cinq. Cela reste chez vous. Si vous comparez des services de vérification, c'est un test honnête pour chacun : quelles étapes l'outil couvre-t-il, et lesquelles laisse-t-il discrètement à votre équipe ?
Une checklist pour vérifier l'authenticité d'un document en équipe
Imprimez-la, épinglez-la dans le canal de la finance, adaptez-la. Une routine de vérification ne fonctionne que si elle tourne aussi pour la facture banale du mardi, pas seulement pour le gros contrat.
- Original enregistré intact, empreinte notée
- Expéditeur, domaine et demande normaux pour cette contrepartie, ou confirmés par un contact connu
- Signature validée, rapport conservé, niveau comparé à ce dont l'affaire a besoin
- Contenu confronté à une source indépendante : registre de l'émetteur, registre officiel, fichier fournisseurs
- Entreprise retrouvée dans son registre officiel, et signataire habilité à engager la société
- Contrôle d'identité du signataire quand la valeur de l'affaire le justifie
- Tout classé ensemble, avec la note de qui a confirmé quoi et quand
Si une étape n'est pas faisable, écrivez pourquoi. Une lacune consignée est une décision. Une lacune que personne n'a remarquée est le début des dossiers coûteux.
Sources consultées pour ce guide
Liste des sources de ce guide. Les textes de loi renvoient à la version officielle, pas à un résumé.
- 1.Règlement (UE) n° 910/2014 (eIDAS), version consolidée du 18 octobre 2024 · EUR-LexArticle 3, point 41, sur la validation ; article 25, paragraphe 1, sur l'effet juridique ; article 26 sur les signatures avancées ; article 32 sur la validation des signatures qualifiées ; article 33 sur les services de validation qualifiés ; vérifié le 2026-10-14
- 2.ETSI EN 319 102-1 V1.4.1 (2024-06) : Procedures for Creation and Validation of AdES Digital Signatures, Part 1 · ETSILes verdicts TOTAL-PASSED, TOTAL-FAILED et INDETERMINATE et leurs sous-indications ; vérifié le 2026-10-14
- 3.Federal Rules of Evidence, Rule 902 : evidence that is self-authenticating · Legal Information Institute, Cornell Law SchoolRègles 902(11), 902(13) et 902(14) et note du comité de 2017 sur les empreintes ; vérifié le 2026-10-14
- 4.Federal Rules of Evidence, Rule 901 : authenticating or identifying evidence · Legal Information Institute, Cornell Law SchoolRègle 901(a) et l'exemple du procédé ou du système à l'alinéa 901(b)(9) ; vérifié le 2026-10-14
- 5.FIPS 180-4, Secure Hash Standard (SHS) · NISTÀ quoi sert un condensé : détecter si un message a changé après le calcul du condensé ; vérifié le 2026-10-14
- 6.31 CFR 1010.230 : Beneficial ownership requirements for legal entity customers · Legal Information Institute, Cornell Law SchoolLe seuil de 25 % de détention et la personne de contrôle unique ; vérifié le 2026-10-14
- 7.FinCEN removes beneficial ownership reporting requirements for U.S. companies and U.S. persons · Financial Crimes Enforcement NetworkCommuniqué du 21 mars 2025 : entités créées aux États-Unis dispensées de déclaration ; vérifié le 2026-10-14
- 8.Verify your identity for Companies House · GOV.UKVérification d'identité obligatoire à partir du 18 novembre 2025, avec période de transition ; vérifié le 2026-10-14
- 9.Registres du commerce : rechercher une entreprise dans l'UE · Portail e-Justice européenRegistres du commerce de tous les pays de l'UE interconnectés et consultables depuis juin 2017 ; vérifié le 2026-10-14
- 10.Internet Crime Report 2024 · FBI Internet Crime Complaint CenterCompromission de messagerie professionnelle : 21 442 plaintes et 2 770 151 146 dollars de pertes ; 16,6 milliards de dollars déclarés au total ; vérifié le 2026-10-14
- 11.Occupational Fraud 2026 : A Report to the Nations (communiqué) · Association of Certified Fraud ExaminersPublié le 12 mai 2026 : 2 402 cas, perte médiane de 104 000 dollars, 12 mois avant la détection ; vérifié le 2026-10-14
- 12.Safety : how to verify the authenticity of a DocuSign transaction · DocuSignVérifier un domaine d'expédition officiel comme @docusign.net et utiliser le code de sécurité sur le site officiel ; vérifié le 2026-10-14
- 13.Code civil, article 1366 · LégifranceL'écrit électronique a la même force probante que l'écrit sur support papier, sous réserve d'identification de la personne et d'intégrité
- 14.Code civil, article 1367 · LégifranceLa signature électronique : procédé fiable d'identification, fiabilité présumée jusqu'à preuve contraire dans les conditions fixées par décret
- 15.Décret n° 2017-1416 du 28 septembre 2017 relatif à la signature électronique · LégifranceArticle 1 : fiabilité présumée du procédé qui met en œuvre une signature électronique qualifiée
- 16.Code civil, articles 1363 à 1368 : la preuve par écrit · LégifranceArticle 1368 : à défaut de texte ou de convention, le juge détermine par tous moyens le titre le plus vraisemblable
- 17.Code du travail, articles L. 8222-1 et D. 8222-5 : vigilance du donneur d'ordre · LégifranceDocuments à se faire remettre par le cocontractant, à la conclusion puis tous les six mois, pour un contrat d'au moins 5 000 € HT
- 18.Code pénal, article 441-1 : le faux et l'usage de faux · LégifranceLe faux et l'usage de faux sont punis de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 € d'amende
- 19.Attestation de vigilance · UrssafContrat d'au moins 5 000 € HT, contrôle à la conclusion puis tous les six mois, vérification de l'attestation avec son code de sécurité
- 20.2D-Doc · Agence nationale des titres sécurisés (ANTS)Code-barres bidimensionnel sécurisé apposé sur un document papier ou numérique, dont la lecture permet de vérifier l'authenticité
- 21.Annuaire des entreprises · Direction interministérielle du numérique (DINUM)Recherche d'une entreprise par dénomination, SIREN ou SIRET, avec ses informations publiques officielles
Questions fréquentes
Trouvez les réponses essentielles sur Chaindoc et la signature sécurisée de documents.
C'est la façon dont une entreprise décide si un document reçu est authentique : émis ou signé par la partie qui y figure, inchangé depuis, et envoyé par quelqu'un qui a le droit de l'envoyer. Pour un fichier signé, cela veut dire valider la signature. Pour le reste, on confronte le contenu à une source indépendante, comme le registre de l'émetteur.
Partez du fichier original, intact, et relevez son empreinte. Contrôlez ensuite le canal par lequel il est arrivé, validez toute signature numérique et faites confirmer le contenu par l'émetteur, avec des coordonnées que vous avez trouvées vous-même. Pour un document d'entreprise, cherchez la société dans son registre officiel. Aucun contrôle ne tranche seul : l'authenticité, c'est ce qui reste quand plusieurs vérifications indépendantes concordent.
Par méthode, il y en a quatre : valider une signature numérique, comparer des empreintes entre copies, faire confirmer le contenu par l'émetteur ou un registre, et rapprocher un document d'identité d'une personne en direct. Le dosage dépend du document. Un PDF signé demande surtout les deux premières, une facture la troisième, une copie de passeport la quatrième.
Confirmez que le courriel vient d'un domaine DocuSign officiel comme @docusign.net, et ouvrez l'enveloppe sur le site de DocuSign avec son code de sécurité. Validez ensuite le PDF finalisé dans un validateur de signatures ou dans le panneau Signatures d'Acrobat, et demandez le Certificate of Completion à l'expéditeur si vous ne l'avez pas. L'ID d'enveloppe relie les pièces.
C'est le dossier de DocuSign sur une enveloppe : l'ID d'enveloppe, les signataires et les événements horodatés de la signature. Il prouve utilement comment la signature s'est déroulée, mais il ne remplace pas la signature numérique du PDF, qu'un validateur contrôle à part. Demandez-le à l'expéditeur s'il manque, et gardez les deux avec le fichier.
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