Signature électronique RGPD : réglementation, preuves et données à protéger
Signature électronique RGPD : ce qu'exigent eIDAS, le Code civil et le décret 2017-1416, les données à protéger et les preuves à conserver. Vérifiez.

Signez un document et vérifiez la preuve vous-même.
Commencer maintenantCe que veut dire conformité pour une signature électronique
Parler de signature électronique RGPD, ce n'est pas parler d'un certificat qu'on achète. La conformité recouvre deux choses : la signature respecte les règles du droit qui gouverne le document, et vous pouvez le prouver plus tard devant un juge, un auditeur ou une autorité. Si l'une des deux manque, un contrat pourtant bien signé peut être démonté.
En France, le cadre se répartit en quatre blocs. Le règlement eIDAS donne à la signature électronique sa valeur de principe. Le Code civil (articles 1366 et 1367) dit quand un écrit électronique vaut preuve et ce qu'est une signature fiable. Le RGPD et la loi Informatique et Libertés, sous le contrôle de la CNIL, encadrent les données personnelles du circuit de signature. Reste la conservation, qui relève du Code de commerce et du Code de la consommation.
La plupart des contrats se contentent d'une signature électronique ordinaire. Les ennuis viennent des exceptions (certains actes de droit de la famille et des successions), des contreparties étrangères et des documents réglementés, où une autorité ajoute ses propres règles.
Si vous voulez simplement faire signer un document aujourd'hui, signer un document en ligne prend quelques minutes. Le reste de l'article sert le jour où un auditeur ou l'avocat d'en face pose des questions plus dures.
Exigences relatives à la signature électronique selon le pays
Ce que chaque droit demande à une signature électronique ordinaire, et dans quels cas il faut plus. Des résumés, pas un conseil juridique.
| Juridiction | Texte principal | Ce dont une signature ordinaire a besoin | Quand elle ne suffit pas |
|---|---|---|---|
France | Code civil, articles 1366, 1367 et 1174 ; décret n° 2017-1416 | Une personne dûment identifiée et un procédé fiable qui lie la signature à l'acte, avec l'intégrité garantie | Droit de la famille et des successions (art. 1175) ; actes qui passent par un notaire ; présomption de fiabilité seulement pour la signature qualifiée |
Union européenne | eIDAS, règlement (UE) n° 910/2014 | Rien de plus : l'article 25, paragraphe 1, interdit de refuser une signature au seul motif qu'elle est électronique | Règles de forme nationales, comme l'article 1175 du Code civil en France |
États-Unis (fédéral et États) | ESIGN Act, 15 U.S.C. § 7001 ; UETA, New York a sa propre loi | Intention de signer, signature liée à l'enregistrement, copie reproductible | Testaments, droit de la famille, l'essentiel de l'UCC, pièces de procédure, certains avis (§ 7003) |
Royaume-Uni | Electronic Communications Act 2000 | Intention d'authentifier ; admissible au titre de la section 7 | Actes (deeds) : le témoin doit être physiquement présent |
Mexique | Código de Comercio, articles 89 à 114 | Un message de données imputable au signataire | Documents à conserver : preuve de conservation selon la NOM-151 |
Brésil | MP 2.200-2/2001 ; Lei 14.063/2020 | Toute preuve d'auteur et d'intégrité que les parties acceptent | Relations avec l'administration ; ICP-Brasil pour la présomption légale |
Documents réglementés par la FDA (États-Unis) | 21 CFR Part 11 | Signataire unique, identité vérifiée, nom, date, heure et sens affichés | Toujours plus : validation, pistes d'audit, un courrier à la FDA |
États-Unis : ESIGN et UETA, si votre contrepartie y est établie
Si votre contrepartie est américaine, le droit fédéral règle la question depuis 2000. L'ESIGN Act dit qu'une signature, un contrat ou un enregistrement ne peut pas se voir refuser d'effet juridique au seul motif qu'il est électronique. Sa définition est large : un son, un symbole ou un procédé associé à un enregistrement et adopté dans l'intention de signer. Un nom tapé au clavier compte. Un clic aussi, à condition que l'enregistrement garde la trace de ce qui a été cliqué et par qui.
À l'échelle des États, l'UETA fait le même travail dans presque tous, et New York a sa propre loi, l'Electronic Signatures and Records Act. L'UETA ajoute une règle d'attribution bien pratique : une signature appartient à une personne si c'est son acte, et on peut le prouver par tout moyen, y compris la procédure de sécurité utilisée.
Concrètement, les exigences américaines se ramènent à cinq éléments que vous devez pouvoir montrer :
- Intention : le signataire a choisi de signer, pas seulement d'ouvrir le fichier.
- L'accord pour conclure l'affaire par voie électronique, que l'UETA déduit du contexte et du comportement.
- L'attribution, c'est-à-dire la preuve de qui a agi (lien par e-mail, code d'accès, contrôle d'identité).
- Association : la signature est liée à cette version exacte de l'enregistrement.
- La conservation, soit une copie qui « reflète fidèlement » l'enregistrement et reste accessible à toutes les personnes autorisées, selon le § 7001(d).
Les documents que l'ESIGN Act ne couvre pas
Les exclusions figurent au § 7003. L'ESIGN Act ne vise ni les testaments, codicilles et trusts testamentaires, ni les actes d'adoption et de divorce, ni l'essentiel de l'Uniform Commercial Code, ni les décisions et actes de procédure, ni une courte liste d'avis : coupure de services essentiels, saisie ou expulsion du logement principal, résiliation d'une assurance santé ou vie, rappels de produits et documents accompagnant des matières dangereuses. Pour ceux-là, c'est un autre droit qui décide.
Franchement, la barre est basse aux États-Unis pour un contrat d'affaires ordinaire. Les entreprises trébuchent du côté des consommateurs, où les formalités avant la signature pèsent autant que la signature.
Avec un consommateur, le consentement précède le premier document électronique
Quand une loi impose qu'un consommateur reçoive une information par écrit, l'ESIGN Act (§ 7001(c)) n'autorise la remise électronique qu'après son consentement explicite. Il faut d'abord lui exposer clairement son droit à recevoir du papier, la façon de retirer son accord et le matériel et les logiciels requis, et il doit consentir d'une manière qui montre qu'il peut ouvrir votre format. Une case noyée dans les conditions générales est la façon classique de perdre ce point.
Conformité eIDAS : quel niveau la loi exige vraiment
Pour la conformité eIDAS, partez de la phrase que la plupart des guides sautent. L'article 25, paragraphe 1, du règlement (UE) n° 910/2014 dit qu'on ne peut pas refuser d'effet juridique à une signature électronique, ni la rejeter comme preuve, au seul motif qu'elle est électronique ou qu'elle n'est pas qualifiée. Une signature simple est donc valable. Elle prouve seulement moins, à elle seule.
eIDAS définit trois niveaux :
- Simple (SES) : toute donnée électronique servant à signer, du nom tapé au clic assorti d'une trace par e-mail.
- Avancée (AES) : l'article 26 ajoute quatre critères. Elle est liée au signataire de manière univoque, permet de l'identifier, est créée avec des données que le signataire peut, avec un niveau de confiance élevé, garder sous son contrôle exclusif, et est liée au document de sorte que toute modification ultérieure soit détectable.
- Qualifiée (QES), une signature avancée créée avec un dispositif de création qualifié et un certificat qualifié. L'article 25, paragraphe 2, lui donne l'effet d'une signature manuscrite dans toute l'UE.
Voici ce qu'on comprend de travers : eIDAS ne dit pas quel niveau un contrat exige. Ce sont les règles de forme nationales qui le disent. En France, l'article 1366 du Code civil donne à l'écrit électronique la même force probante que le papier, à condition que son auteur soit dûment identifié et que l'écrit soit établi et conservé dans des conditions qui en garantissent l'intégrité. L'article 1367 demande, pour la signature électronique, un procédé fiable d'identification qui garantit son lien avec l'acte. Cette fiabilité n'est présumée, jusqu'à preuve contraire, que pour la signature qualifiée, selon le décret n° 2017-1416 du 28 septembre 2017. Une signature simple ou avancée reste valable, mais sa fiabilité se discute devant le juge si l'autre partie la conteste. Et quand la loi exige un écrit pour la validité d'un contrat, l'article 1174 le permet sous forme électronique dans les mêmes conditions.
Côté contrôle, vous pouvez vérifier un prestataire sur la liste de confiance de l'UE ou consulter la liste nationale de confiance de l'ANSSI. Si un contrat exige vraiment ce niveau, lisez comment fonctionne le niveau qualifié. La modification de 2024, le règlement (UE) 2024/1183, a conservé les effets de l'article 25 et les quatre critères de la signature avancée. Elle porte surtout sur le portefeuille d'identité numérique, traité dans ce qu'a changé la modification de 2024.

L'essentiel de la conformité d'une signature électronique tient à des preuves qu'on peut lister et vérifier bien avant qu'un contrat soit contesté.
Royaume-Uni : la signature électronique après le Brexit
Le Royaume-Uni n'a jamais eu besoin d'eIDAS pour accepter les signatures électroniques. La section 7 de l'Electronic Communications Act 2000 les rend admissibles sur les questions d'authenticité et d'intégrité. Le rapport de 2019 de la Law Commission a confirmé qu'une signature électronique peut servir à passer un acte, y compris un acte formel (deed), si le signataire entendait l'authentifier et que les formalités sont respectées. Le piège, c'est le témoin : un acte qui exige un témoin doit toujours être signé en sa présence physique, une visioconférence ne suffit pas. Le Royaume-Uni a conservé après le Brexit sa propre version des règles eIDAS, et l'UK GDPR s'occupe du volet données.
Signature électronique RGPD : le volet données personnelles
Chaque circuit de signature collecte des données personnelles : noms, adresses e-mail et IP, informations sur l'appareil, parfois un numéro de téléphone et, avec un contrôle d'identité, le scan d'une pièce d'identité et un selfie. Le RGPD s'applique à tout cela, quel que soit le niveau de signature. Pour la signature électronique et le RGPD, c'est le volet que les auditeurs ouvrent en premier. En France, la CNIL est l'autorité de contrôle, et la loi Informatique et Libertés complète le règlement.
Cinq questions règlent l'essentiel :
- 1.Qui est responsable de traitement ? Votre entreprise, pour les contrats que vous envoyez. Le prestataire est en général votre sous-traitant, et l'article 28 exige un contrat qui couvre les instructions, la confidentialité, la sécurité, la suppression et les audits.
- 2.Quelle est la base légale ? Le plus souvent l'exécution d'un contrat (article 6, paragraphe 1, point b) pour les signataires, et l'obligation légale (point c) pour conserver l'acte signé.
- 3.Collectez-vous plus que nécessaire ? La minimisation explique pourquoi un contrôle d'identité se justifie pour les affaires qui le méritent, pas pour chaque NDA.
- 4.Combien de temps gardez-vous les données ? La limitation de la conservation tire d'un côté, les durées légales de l'autre : dix ans pour les documents comptables et les pièces justificatives (article L. 123-22 du Code de commerce), cinq ans pour la prescription de droit commun (article 2224 du Code civil). L'article 17, paragraphe 3, permet de refuser l'effacement quand une loi impose la conservation ou qu'une action en justice la nécessite.
- 5.Où vont les données ? Les transferts hors de l'UE exigent une base au titre du chapitre V, comme une décision d'adéquation ou des clauses contractuelles types.
L'article 32 demande une sécurité « appropriée au risque ». C'est volontairement souple, et c'est pourquoi les acheteurs réclament un certificat ISO 27001 comme raccourci.
Blockchain et RGPD : ce que disent le CEPD et la CNIL
La signature adossée à une blockchain pose une question gênante : comment répondre à une demande d'effacement dans un registre que personne ne peut modifier ? Le Comité européen de la protection des données (CEPD) y répond dans ses lignes directrices sur la blockchain, dont la version finale a été adoptée le 7 juillet 2026. En règle générale, dit-il, les données personnelles ne doivent pas figurer sur une chaîne, et jamais dans le contenu des transactions. Quand quelque chose doit y figurer, cela doit servir de preuve d'existence (un pointeur, un engagement ou une empreinte à clé), les données nécessaires à la vérification restant hors chaîne.
Deux détails comptent plus que le titre. Le CEPD traite l'empreinte d'une donnée personnelle comme une donnée personnelle, et il estime qu'une empreinte sans sel ni clé ne protège en général pas assez sur une chaîne publique. « Nous ne stockons que des empreintes » n'est donc pas, à soi seul, une réponse RGPD. La CNIL tient la même ligne dans sa page Blockchain et RGPD : pas de donnée personnelle en clair sur la chaîne, et une analyse d'impact (AIPD) pour juger de la proportionnalité. Demandez à votre prestataire ce qu'il écrit exactement sur la chaîne et si une personne peut y être rattachée, puis consignez la réponse dans votre analyse d'impact.
Reste qu'une empreinte sur un registre public est une trace que ni vous ni le prestataire ne pouvez réécrire discrètement. Documenter ce compromis fait partie de la conformité d'une signature électronique.
Gardez les preuves avec la signature
Envoyez un document depuis Chaindoc et conservez ensemble le PDF signé, sa piste d'audit et l'enregistrement sur la blockchain, pour celui qui posera la question suivante.
Signer un document21 CFR Part 11 et annexe 11 des BPF européennes
Si vous fabriquez des médicaments, des dispositifs médicaux ou des produits biologiques, ou si vous menez des essais cliniques sous la supervision de la FDA, vous avez affaire à une couche que le droit ordinaire de la signature électronique ne connaît pas. La Part 11 couvre les enregistrements et signatures électroniques que les règles de la FDA vous obligent à conserver ou à transmettre. C'est la forme la plus stricte de conformité de signature électronique que la plupart des entreprises rencontreront.
Les exigences de la 21 CFR Part 11 sur lesquelles les équipes butent :
- Manifestation de la signature (§ 11.50). L'enregistrement signé affiche le nom imprimé du signataire, la date et l'heure, et le sens : revue, approbation, responsabilité ou paternité.
- Lien (§ 11.70). Les signatures sont rattachées à leurs enregistrements de façon à ne pas pouvoir être retirées, copiées ou transférées pour falsifier un autre enregistrement par des moyens ordinaires.
- Chaque signature est unique à une personne, jamais réattribuée, et délivrée seulement après vérification de l'identité de cette personne par l'organisation (§ 11.100).
- Un courrier unique à la FDA, portant une signature manuscrite, certifiant que les signatures électroniques de votre personnel ont la même valeur. C'est un courrier, pas un réglage, et c'est pour cela qu'on l'oublie.
- Deux éléments d'identification distincts, comme un identifiant et un mot de passe, pour les signatures non biométriques (§ 11.200).
- Des pistes d'audit sécurisées, générées par ordinateur et horodatées, qui n'écrasent jamais les entrées antérieures (§ 11.10(e)), plus la validation, des limites d'accès et des politiques écrites de responsabilité.
Relisez la liste et notez combien de points décrivent votre système et vos procédures. Dans l'UE, l'annexe 11 des lignes directrices de bonnes pratiques de fabrication, consacrée aux systèmes informatisés, pose des questions voisines sur la validation, les pistes d'audit et les signatures électroniques. Pour la partie journalisation, voyez ce qu'une piste d'audit de signature enregistre.
Aucun prestataire ne vous rend conforme à la Part 11
La Part 11 est une propriété de votre système validé et de vos procédures, pas un badge qu'un prestataire remet. Les prestataires peuvent fournir des contrôles et du matériel de validation : DocuSign vend par exemple un module Life Sciences avec des fonctions de signature Part 11 et, en option distincte, un module Validator (lu le 14 octobre 2026). Il vous reste à valider la configuration, à rédiger les procédures et à envoyer le courrier à la FDA. Chaindoc ne propose pas de dossier de validation Part 11.
NIST : un repère, pas une loi
Le NIST revient si souvent dans les questionnaires de sécurité qu'on le croit obligatoire. Pour la plupart des entreprises privées, il ne l'est pas. La SP 800-63-4, finalisée en juillet 2025, s'applique aux systèmes fédéraux américains, et les autres peuvent s'en inspirer. Sa valeur est dans le vocabulaire : les niveaux d'assurance d'identité (IAL) notent la qualité de la vérification d'une personne, les niveaux d'assurance d'authentification (AAL) notent la connexion, et les niveaux de fédération (FAL) notent l'authentification unique. Un client qui demande « AAL2 » parle d'authentification multifacteur. L'autre texte du NIST que vous croiserez, la FIPS 186-5 de février 2023, est le Digital Signature Standard pour la cryptographie elle-même.
Une checklist de conformité pour la signature électronique
Passez-la en revue avant qu'un type de contrat entre en service, pas après un litige. Chaque ligne reprend une exigence de l'un des textes ci-dessus, ce qui la satisfait en général, et la preuve que vous remettriez à un auditeur. Sautez les lignes qui ne s'appliquent pas. Si vous ne pouvez pas remplir la dernière colonne, c'est votre lacune. Pour la durée de conservation des pièces, voyez les durées de conservation des documents en entreprise.
Checklist de conformité pour la signature électronique
| Exigence | Ce qui la satisfait en général | Preuve à conserver |
|---|---|---|
Le document peut être signé électroniquement | Vérifié au regard de l'article 1175 du Code civil, des règles de forme et du § 7003 américain | Une note par type de contrat, relue chaque année |
Intention du signataire | Un geste de signature délibéré sur la version définitive | Entrée de la piste d'audit avec l'action et l'heure |
Consentement à signer par voie électronique | Consommateurs américains : informations et consentement du § 7001(c) ; entreprises : le comportement | Texte d'information et trace du consentement |
Attribution | Lien par e-mail plus code d'accès, code SMS ou contrôle d'identité, selon le risque | Méthode d'authentification par signataire |
Intégrité | Un scellement cryptographique qui rend visible toute modification ultérieure | PDF signé et son résultat de validation |
Le bon niveau de signature | Avancée ou qualifiée là où une règle de forme l'exige | Détails du certificat et entrée de l'émetteur dans la liste de confiance |
Conservation et accès | Une copie fidèle et reproductible pour la durée légale (art. L. 123-22 du Code de commerce ; art. L. 213-1 du Code de la consommation) | Fichier signé, piste d'audit, durée de conservation consignée par écrit |
Rôles RGPD | Contrat de sous-traitance conforme à l'article 28 et base légale consignée | Contrat de sous-traitance et votre registre des traitements |
Transferts de données | Décision d'adéquation ou clauses contractuelles types | Conditions de transfert et liste des sous-traitants ultérieurs |
Documents réglementés (FDA, BPF) | Contrôles Part 11, validation, courrier de certification | Dossier de validation, procédures, courrier à la FDA |
Une suppression trop précoce est irréversible
Un administrateur soucieux d'ordre peut effacer la seule pièce qui aurait fait gagner un litige. Avant d'activer la suppression automatique, rattachez chaque type de document à sa plus longue durée légale : les délais fiscaux, sociaux et de prescription dépassent le plus souvent l'envie de ranger. L'article 17, paragraphe 3, du RGPD permet de garder ce qu'une loi impose ou qu'une action en justice nécessite. Exportez ensemble le fichier signé et sa piste d'audit, car l'un sans l'autre prouve beaucoup moins.
Ce que couvre un prestataire, et ce qui reste à votre charge
Aucun outil de conformité de signature électronique ne vous rend conforme. Il vous donne des contrôles et des preuves. C'est vous qui décidez quels documents y passent, à quel niveau, avec quel consentement et combien de temps vous les gardez. Écrivez ce partage avant de signer un contrat avec un prestataire, car c'est là que les audits trouvent les failles.
Les prestataires se distinguent surtout par leurs certifications et leurs extras pour les secteurs réglementés, et DocuSign est en avance sur la plupart. Son Trust Center cite ISO 27001:2022, des rapports SOC 1 et SOC 2 Type 2, et la conformité à la 21 CFR Part 11 et à l'annexe 11 de l'UE. Sa filiale Docusign France SAS figure comme prestataire de services de confiance qualifié sur la liste de confiance de l'ANSSI (les deux lus le 14 octobre 2026). Si les achats demandent si DocuSign couvre eIDAS ou la Part 11, ces pages répondent. La colonne de droite ci-dessous reste à votre charge, quel que soit le prestataire.
Qui fait quoi
| Tâche | Ce qu'un prestataire peut faire | Ce qui reste à votre charge |
|---|---|---|
Niveau de signature | Produire des signatures simples, avancées ou qualifiées | Choisir le niveau de chaque type de document |
Consentement | Afficher les écrans d'information et enregistrer l'acceptation | Rédiger l'information et décider quand elle s'applique |
Identité du signataire | Proposer l'e-mail, le code et le contrôle d'identité | Décider quelles affaires exigent quel contrôle |
Preuves | Tenir une piste d'audit et sceller le fichier signé | Conserver les deux pendant la durée légale, tester la récupération |
RGPD | Agir comme sous-traitant selon l'article 28 | Rester responsable de traitement : base légale, information, conservation, transferts |
Sécurité | Détenir des certifications comme ISO 27001 | Gérer vos comptes, vos rôles et les départs de collaborateurs |
Documents réglementés | Fournir les fonctions Part 11 et le matériel de validation, quand ils existent | Valider, rédiger les procédures, certifier auprès de la FDA |
Où Chaindoc s'insère dans votre conformité RGPD
Voici ce que Chaindoc vous apporte, et où cela s'arrête.
Les signatures standard de Chaindoc sont des signatures électroniques avancées PAdES-BES au sens d'eIDAS, et l'ESIGN Act comme l'UETA les acceptent comme toute signature électronique qui passe les tests ci-dessus. Pour une signature qualifiée, le signataire apporte un certificat d'un prestataire de services de confiance qualifié (une identité électronique nationale ou un prestataire compatible CSC) et Chaindoc conduit la session de signature ; nous ne sommes pas nous-mêmes un prestataire de services de confiance. PAdES-BES ne comporte pas d'horodatage, la validation à long terme n'est donc pas intégrée. Conservez la piste d'audit et le rapport de vérification avec le fichier.
Chaque document terminé s'accompagne d'une piste d'audit en PDF et d'un rapport de vérification. Le serveur calcule l'empreinte d'un fichier au téléversement, l'empreinte de chaque version publiée est écrite sur une blockchain publique, et la preuve de chaque signataire est enregistrée quand il a terminé. Les noms et les adresses e-mail ne vont pas sur la chaîne. Les fichiers transitent par TLS et les clés de signature privées sont chiffrées en AES-256, mais les documents ne sont pas chiffrés de bout en bout : le serveur les lit pour les analyser, les convertir et les signer.
Notre politique de confidentialité désigne Chaindoc comme votre sous-traitant pour les documents téléversés, les signatures et les pistes d'audit, avec un traitement dans l'UE, aux États-Unis ou là où opèrent les sous-traitants ultérieurs. Chaindoc détient les certificats ISO 27001 et ISO 9001. Vous ajoutez des contrôles d'identité affaire par affaire grâce aux contrôles d'identité optionnels, et un ordre de signature fixe passe par les circuits d'approbation du forfait Business. Comparez les forfaits avant de vous engager.
Voilà pour le volet des preuves de la signature électronique RGPD. La colonne de droite plus haut reste à votre charge.
Sources vérifiées pour ce guide
Chaque source renvoie à un texte officiel ou à la page de l'éditeur concerné. La date de consultation figure en regard de chaque source lue le 14 octobre 2026.
- 1.15 U.S. Code § 7001, General rule of validity · Cornell Legal Information InstituteESIGN : pas de refus d'effet juridique parce que l'acte est électronique ; consentement du consommateur et informations en (c) ; conservation fidèle et accessible en (d). Consulté le 14 octobre 2026.
- 2.15 U.S. Code § 7003, Specific exceptions · Cornell Legal Information InstituteTestaments et trusts testamentaires, droit de la famille, l'essentiel de l'UCC, actes de procédure et avis listés que l'ESIGN Act ne couvre pas. Consulté le 14 octobre 2026.
- 3.21 CFR Part 11, Electronic Records; Electronic Signatures · Cornell Legal Information InstitutePistes d'audit au § 11.10(e), manifestation de la signature au § 11.50, signatures uniques, vérification d'identité et certification à la FDA au § 11.100. Consulté le 14 octobre 2026.
- 4.Règlement (UE) n° 910/2014 (eIDAS) · EUR-LexArticle 25 sur les effets juridiques, article 26 sur les quatre exigences d'une signature électronique avancée. Consulté le 14 octobre 2026.
- 5.Code civil, articles 1366 et 1367 · LégifranceForce probante de l'écrit électronique et signature électronique fondée sur un procédé fiable, avec présomption de fiabilité dans les conditions fixées par décret.
- 6.Code civil, articles 1174 à 1177 (contrat conclu par voie électronique) · LégifranceÉcrit exigé pour la validité d'un contrat établi sous forme électronique (art. 1174) et actes de droit de la famille et des successions exclus (art. 1175).
- 7.Décret n° 2017-1416 du 28 septembre 2017 relatif à la signature électronique · LégifranceFiabilité présumée du procédé de signature électronique qualifiée au sens du règlement eIDAS (art. 1).
- 8.La liste nationale de confiance · ANSSIListe de confiance française des prestataires de services de confiance qualifiés. Consulté le 14 octobre 2026.
- 9.Code de commerce, article L123-22 · LégifranceDocuments comptables et pièces justificatives conservés pendant dix ans.
- 10.Code de la consommation, articles D213-1 et D213-2 (conservation des contrats conclus par voie électronique) · LégifranceSeuil de 120 euros et durée de conservation de dix ans, en application de l'article L213-1.
- 11.Règlement (UE) 2016/679 (règlement général sur la protection des données) · EUR-LexArticles 5, 6, 17(3), 28 et 32, et chapitre V sur les transferts. Consulté le 14 octobre 2026.
- 12.Guidelines 02/2025 on processing of personal data through blockchain technologies, version 2.0 · Comité européen de la protection des donnéesAdoptées le 7 juillet 2026. En règle générale, les données personnelles ne doivent pas figurer sur la chaîne ; l'empreinte d'une donnée personnelle reste une donnée personnelle ; les preuves d'existence gardent les données hors chaîne. Consulté le 14 octobre 2026.
- 13.Blockchain et RGPD : quelles solutions pour un usage responsable en présence de données personnelles ? · CNILPas de donnée personnelle en clair sur la blockchain ; engagement cryptographique, chiffrement ou empreinte à clé ; analyse d'impact (AIPD). Consulté le 14 octobre 2026.
- 14.Electronic Communications Act 2000, section 7 · legislation.gov.ukLes signatures électroniques sont admissibles dans les procédures britanniques sur l'authenticité et l'intégrité. Consulté le 14 octobre 2026.
- 15.Electronic execution of documents · Law Commission of England and WalesRapport du 4 septembre 2019 : une signature électronique peut servir à passer un acte, y compris un deed ; le témoin d'un deed doit être physiquement présent. Consulté le 14 octobre 2026.
- 16.SP 800-63-4, Digital Identity Guidelines · NISTNiveaux d'assurance d'identité, d'authentification et de fédération ; s'applique aux systèmes fédéraux, les autres peuvent s'en inspirer. Consulté le 14 octobre 2026.
- 17.Trust Center: Compliance · DocusignISO 27001:2022, rapports SOC 1 et SOC 2 Type 2, conformité à la 21 CFR Part 11 et à l'annexe 11 de l'UE. Consulté le 14 octobre 2026.
- 18.Trust Center: Certifications · DocusignDocusign France SAS est un prestataire de services de confiance au sens d'eIDAS, inscrit comme prestataire qualifié sur la liste de confiance de l'ANSSI. Consulté le 14 octobre 2026.
- 19.Life Sciences Modules · DocusignModule Part 11 pour l'authentification, la raison de la signature et la manifestation de la signature ; le Validator est un module supplémentaire. Consulté le 14 octobre 2026.
Questions fréquentes
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En France, l'article 1366 du Code civil exige que l'auteur de l'écrit soit dûment identifié et que l'écrit soit établi et conservé de façon à en garantir l'intégrité, et l'article 1367 demande un procédé fiable qui lie la signature à l'acte. Aux États-Unis, il faut l'intention de signer, l'accord pour agir par voie électronique, l'attribution à une personne et la conservation d'une copie reproductible. Dans l'UE, eIDAS ajoute les niveaux simple, avancé et qualifié.
Toute signature électronique fiable est valable, mais seule la signature qualifiée bénéficie d'une présomption de fiabilité, jusqu'à preuve contraire (article 1367 du Code civil et décret n° 2017-1416). Pour une signature simple ou avancée, la fiabilité du procédé se discute devant le juge si l'autre partie la conteste. Gardez donc la piste d'audit et les preuves d'identification avec le fichier.
Pas d'office. La Part 11 vise les enregistrements que les règles de la FDA vous obligent à conserver ou à transmettre. Elle exige le nom imprimé, la date, l'heure et le sens de la signature sur l'enregistrement, des signatures qui ne se copient pas vers un autre enregistrement, deux éléments d'identification, des pistes d'audit et un système validé, plus un courrier unique à la FDA certifiant que vos signatures électroniques valent des signatures manuscrites. Un prestataire peut fournir les fonctions ; votre conformité dépend de la façon dont vous les configurez, les validez et les exploitez.
Le Trust Center de DocuSign indique que sa filiale française, Docusign France SAS, est un prestataire de services de confiance qualifié sur la liste de confiance de l'ANSSI, ce qui lui permet de délivrer des signatures qualifiées (lu le 14 octobre 2026). Qu'un document donné porte une signature qualifiée dépend de la manière dont il a été envoyé : vérifiez les détails de la signature sur le fichier final.
Oui. Un circuit de signature traite des noms, des adresses e-mail et IP, parfois des pièces d'identité : le RGPD s'applique donc à chaque niveau de signature. Vous êtes responsable de traitement pour les contrats que vous envoyez, et le prestataire est en général votre sous-traitant selon l'article 28. Choisissez une base légale, ne collectez que le nécessaire, fixez la durée de conservation par type de document et vérifiez où les données sont transférées.
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