Qu'est-ce qu'une signature électronique, et quand tient-elle
Qu'est-ce qu'une signature électronique, ce qu'en disent eIDAS et l'article 1367 du code civil, les trois niveaux et que faire si une signature est refusée.

Qu'est-ce qu'une signature électronique?
Une signature électronique, ce sont des données sous forme électronique jointes ou associées logiquement à d'autres données électroniques, et que le signataire utilise pour signer. C'est la définition de l'article 3, point 10, du règlement eIDAS 910/2014.
La formulation est volontairement large. Un nom tapé au clavier entre dedans. Une case cochée aussi. Et un certificat cryptographique également.
Beaucoup s'attendent à quelque chose de plus restrictif. Il n'y a rien de tel.
Ce que dit le droit français
Le code civil ajoute une couche, et c'est celle qui compte devant un juge français. L'article 1367 pose d'abord le principe général: «La signature nécessaire à la perfection d'un acte juridique identifie son auteur. Elle manifeste son consentement aux obligations qui découlent de cet acte.»
Identifier et manifester le consentement. Deux fonctions, pas une.
Le second alinéa passe à l'électronique: «Lorsqu'elle est électronique, elle consiste en l'usage d'un procédé fiable d'identification garantissant son lien avec l'acte auquel elle s'attache.»
Tout se joue sur le mot fiable. Le texte ne dit pas quelle technologie employer. Il dit que le procédé doit tenir.
Ce qu'une signature électronique n'est pas
Ce n'est pas un mot de passe. Un mot de passe authentifie un accès, il n'exprime aucune volonté de s'engager.
Ce n'est pas non plus le document lui-même. Le document porte le contenu, la signature porte l'accord.
Et ce n'est pas automatiquement une signature numérique, qui désigne un procédé cryptographique précis. La nuance paraît théorique. Elle décide de ce que vous pourrez prouver.
Vérifié le 1er août 2026 aux sources officielles: règlement (UE) 910/2014 sur EUR-Lex et article 1367 du code civil sur Légifrance. Les textes évoluent. Confirmez la rédaction en vigueur avant de vous y fier pour un acte précis.
Simple, avancée, qualifiée: les trois niveaux
Le règlement eIDAS range les signatures électroniques en trois niveaux. Ils ne diffèrent pas par la validité mais par la charge de la preuve.
Signature électronique simple. Le nom tapé, la case cochée, le trait tracé à la souris. Largement suffisante pour la très grande majorité des accords commerciaux.
Signature électronique avancée. L'article 26 fixe quatre conditions. Être liée au signataire de manière univoque. Permettre de l'identifier. Avoir été créée à l'aide de moyens que le signataire peut garder sous son contrôle exclusif. Et être liée aux données de façon à rendre détectable toute modification ultérieure.
Signature électronique qualifiée. Une signature avancée créée avec un dispositif qualifié de création de signature et reposant sur un certificat qualifié, selon l'article 3, point 12. L'article 25, paragraphe 2, en tire la conséquence: l'effet juridique d'une signature électronique qualifiée est équivalent à celui d'une signature manuscrite.
C'est le seul niveau que le règlement met sur le même plan que l'encre. Le guide de la signature électronique qualifiée détaille comment en obtenir une et quand l'investissement se justifie.
Choisir un niveau sans se compliquer la vie
Partez du document, pas de la technique. Trois questions suffisent presque toujours.
Une loi impose-t-elle une forme pour cet acte? Si oui, la loi tranche et vous n'avez pas le choix. La partie adverse impose-t-elle son propre niveau? Les banques, les assureurs et les administrations le font couramment, et c'est leur droit. L'enjeu financier justifierait-il un procès?
Trois fois non, et une signature simple accompagnée d'un journal de preuve solide est le choix proportionné. Sortir l'artillerie qualifiée pour un accord de confidentialité coûte du temps et de l'argent sans rien apporter.
Un mot sur les frontières
Un niveau ne veut dire quelque chose qu'à l'intérieur de l'ordre juridique qui le définit. L'équivalence de l'article 25, paragraphe 2, joue dans tous les États membres de l'Union, et sur ce point vous êtes tranquille.
Hors de l'Union, la situation change. Une signature qualifiée y est appréciée comme n'importe quel autre élément de preuve, selon le droit local. Elle ne perd rien, mais elle ne bénéficie d'aucun statut particulier.
Pour un contrat avec une partie établie hors de l'Union, regardez donc d'abord quelle loi gouvernera l'accord, puis calez le niveau de signature dessus. L'ordre inverse revient à payer cher une signature dans un système juridique qui l'ignore.

Trois niveaux, une même interface. Le niveau décide de ce que vous aurez à prouver.
La présomption de fiabilité
C'est le mécanisme le plus mal compris du droit français de la preuve, et le plus utile.
La fin de l'article 1367 précise: «La fiabilité de ce procédé est présumée, jusqu'à preuve contraire, lorsque la signature électronique est créée, l'identité du signataire assurée et l'intégrité de l'acte garantie, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat.»
Trois éléments réunis, et la présomption joue. Le décret n° 2017-1416 du 28 septembre 2017 relatif à la signature électronique fixe ces conditions.
Ce que la présomption change concrètement
Sans présomption, c'est à vous de démontrer que votre procédé est fiable. Avec elle, c'est à l'autre partie de démontrer qu'il ne l'est pas.
La charge bascule. Dans un litige, ce basculement vaut souvent plus que tout le reste du dossier.
Attention toutefois: la présomption est simple, pas irréfragable. Le texte dit «jusqu'à preuve contraire». Une partie qui apporte des éléments sérieux peut la renverser.
D'où l'intérêt du journal de preuve, même quand la présomption s'applique. Horodatage, identité de messagerie vérifiée, adresse IP, ordre des actions et empreinte d'intégrité que la partie adverse peut recalculer elle-même. Vous pouvez examiner ce que contient réellement un fichier signé avec le vérificateur de PDF.
Ce qui fait preuve, concrètement
La loi pose la règle. Votre dossier gagne ou perd le procès. Quatre éléments doivent être démontrables quand un document signé est contesté.
L'intégrité est l'élément sur lequel la plupart des outils échouent en silence. Une image de signature collée dans un PDF ne dit rien de la page quatre.
Une empreinte cryptographique, si. Changez un octet et elle ne correspond plus.
Le journal de preuve est le vrai produit
Un journal de preuve est l'enregistrement horodaté de chaque action menée sur le document: qui l'a ouvert, qui a signé, à quel moment, depuis quelle adresse IP, contre quelle identité de messagerie vérifiée.
Deux détails séparent un journal utile d'un journal décoratif. Il doit être exportable, parce qu'un enregistrement consultable uniquement dans l'application d'un prestataire se produit mal en justice. Et il doit être infalsifiable au sens technique: une modification du journal lui-même doit se voir, pas seulement être découragée par des droits d'accès.
Sans cela, un service ne peut établir ni identification, ni consentement, ni intégrité au moment où il le faudrait.
Signature électronique et signature numérique
Les deux expressions sont employées l'une pour l'autre en permanence. Elles ne désignent pas la même chose.
La signature électronique est la notion juridique. Elle représente la volonté d'une personne d'être engagée.
La signature numérique est un procédé cryptographique précis. Elle utilise une infrastructure à clés publiques et une autorité de certification pour lier une paire de clés à une identité, puis produit une empreinte du document au moment de la signature.
Une signature numérique est donc une façon de mettre en œuvre une signature électronique. Pas la seule, et pas celle qu'exige la loi pour la plupart des accords.
Ce qu'elle apporte porte un nom: la non-répudiation. Le signataire ne peut pas soutenir ensuite que ce n'était pas lui, parce que la preuve voyage dans le fichier et non dans la base de données d'un prestataire.
Une image scannée ne suffit pas
Coller une photo de sa signature manuscrite dans un PDF ressemble à une signature. Cela n'en démontre rien.
L'image ne dit pas si la page quatre a été remplacée après coup. Elle se recopie d'un document à l'autre sans que personne s'en aperçoive.
Une empreinte cryptographique, elle, change dès qu'un seul octet bouge. Ce n'est pas un argument commercial, c'est de l'arithmétique, et chacun peut la refaire.

Identification, consentement, intégrité, conservation. Il en manque un et le reste ne sert plus.
Quand une signature est refusée
Une signature refusée est rarement une signature défectueuse. C'est presque toujours une inadéquation, et la réponse dépend du cas.
Mauvais niveau. Le destinataire attend une signature qualifiée, vous avez envoyé une simple. Renvoyer ne sert à rien. Il faut un certificat délivré par un prestataire de services de confiance qualifié.
Absence d'accord. Entre personnes privées, nul n'est tenu d'accepter votre procédé s'il n'a pas été convenu. Une banque peut exiger un certificat précis et elle est dans son droit.
Intégrité rompue. Le fichier a changé après la signature. Un simple enregistrement dans le mauvais logiciel suffit à provoquer cela.
Certificat expiré. Tout certificat a une date de fin. Passé ce terme, les nouvelles signatures échouent, même si les anciennes restent historiquement valables.
Un cas concret
Un fournisseur envoie un contrat-cadre signé. Le service juridique l'ouvre, ajoute un commentaire, enregistre et transmet. La comptabilité lance une vérification et obtient un échec.
Personne n'a mal agi. Le commentaire a réécrit le fichier, l'empreinte ne correspondait plus à celle capturée lors de la signature, et le vérificateur a fait exactement son travail. Le document était bon. La copie ne l'était plus.
Le remède est organisationnel. L'original signé reste intact à un seul endroit, les copies circulent pour lecture. Si une annotation est vraiment nécessaire, elle se fait sur un duplicata clairement identifié comme tel.
Contre les autres cas, une clause suffit: écrivez dans le contrat quel procédé de signature les parties acceptent, avant que quiconque signe. Nos modèles de contrat l'intègrent déjà.
Une signature vérifiée l'an dernier peut échouer aujourd'hui. Réenregistrer un PDF signé dans le mauvais logiciel réécrit le fichier et casse l'empreinte, alors que rien de visible n'a changé. Archivez le fichier signé d'origine, pas une copie réexportée.

Au quotidien, c'est le journal de preuve qui compte, pas le niveau affiché.
Quand le niveau simple suffit
Pour l'essentiel de la vie des affaires, le niveau simple convient.
Devis, bons de commande, accords de confidentialité, contrats-cadres sans forme imposée, validations internes: la liberté contractuelle s'applique. Ce que les parties conviennent fait foi.
Ce qu'il vous faut à la place, c'est une preuve que l'autre partie peut vérifier elle-même, sans dépendre de la bonne volonté de votre prestataire.
Conserver, sinon la preuve s'évapore
Une signature qui se vérifiait parfaitement la première année ne vaut plus rien la sixième si le fichier a disparu. Les durées de conservation dépendent du type d'acte et dépassent régulièrement la durée de vie du logiciel qui a produit la preuve.
Trois règles suffisent. Conservez l'original signé et non une réexportation, qui a la même apparence et une empreinte différente. Conservez le journal avec le fichier plutôt que dans un système séparé, car deux archives séparées finissent toujours par diverger. Et vérifiez une fois, pour de bon, que les deux s'ouvrent sans abonnement actif.
Si vous cherchez simplement un visuel de signature propre à insérer dans un document, le générateur de signature le fait en une minute. Pour comparer les formules, la page tarifaire les détaille. Et pour un circuit complet à plusieurs signataires, voyez comment fonctionne la signature avec Chaindoc.
Signer est simple. Le prouver ensuite, moins
Chaindoc ancre chaque document signé sur une empreinte cryptographique que la partie adverse peut vérifier de son côté. La preuve ne dépend donc pas de notre existence dans dix ans.
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Questions fréquentes
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Selon l'article 3, point 10, du règlement eIDAS 910/2014, ce sont des données sous forme électronique jointes ou associées logiquement à d'autres données électroniques et que le signataire utilise pour signer. La définition couvre aussi bien un nom tapé au clavier qu'une case cochée ou un certificat cryptographique. En droit français, l'article 1367 du code civil ajoute que la signature identifie son auteur et manifeste son consentement.
Seule la signature électronique qualifiée bénéficie de cette équivalence. L'article 25, paragraphe 2, du règlement eIDAS prévoit que l'effet juridique d'une signature électronique qualifiée est équivalent à celui d'une signature manuscrite. Les niveaux inférieurs restent valables, mais leur force probante dépend de ce que vous pouvez démontrer en cas de litige.
Le règlement eIDAS distingue la signature simple, avancée et qualifiée. La simple identifie le signataire. L'avancée doit remplir les quatre conditions de l'article 26: lien univoque avec le signataire, identification possible, moyens de création sous contrôle exclusif et détection de toute modification ultérieure. La qualifiée ajoute un dispositif qualifié de création et un certificat qualifié, au sens de l'article 3, point 12.
L'article 1367 du code civil prévoit que la fiabilité du procédé est présumée, jusqu'à preuve contraire, lorsque la signature électronique est créée, l'identité du signataire assurée et l'intégrité de l'acte garantie, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'État. Ces conditions figurent dans le décret n° 2017-1416 du 28 septembre 2017. La présomption inverse la charge de la preuve, mais elle reste simple et peut être renversée.
La signature électronique est la notion juridique: la volonté d'une personne d'être engagée par un acte. La signature numérique est le procédé cryptographique qui la met en œuvre, à l'aide d'une infrastructure à clés publiques, d'une autorité de certification et d'une empreinte du document calculée au moment de la signature. La signature numérique est donc un moyen parmi d'autres, pas un synonyme.
Une image de signature manuscrite insérée dans un PDF peut juridiquement constituer une signature électronique simple, mais elle ne prouve rien techniquement. Elle ne permet pas de savoir si le document a été modifié après l'insertion et se recopie d'un fichier à l'autre. Une empreinte cryptographique calculée à la signature change dès qu'un seul octet du document est modifié.
Le plus souvent pour l'une de quatre raisons. Le destinataire exigeait un niveau supérieur à celui utilisé. Le procédé n'avait pas été convenu, et nul n'est tenu d'accepter un procédé non convenu entre personnes privées. Le fichier a été modifié après la signature, ce qui fait échouer la vérification d'intégrité. Ou le certificat de signature avait expiré.
La durée dépend du type d'acte et des règles applicables, et elle dépasse souvent la durée de vie du logiciel ayant produit la signature. En pratique, conservez le fichier original signé plutôt qu'une réexportation, gardez le journal de preuve avec lui plutôt que dans un système distinct, et vérifiez une fois que les deux restent lisibles sans abonnement actif au service.
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